En plus de développer un modèle d’avance sur salaires sans taux d’intérêt à destination de travailleurs aux emplois précaires, la startup Even veut aider ces derniers à gérer leur budget. Comme elle, plusieurs startups investissent ce secteur.

Avances sur salaires, aide à l’épargne... les outils se multiplient aux Etats-Unis

Les avances sur salaire disposent d’une très mauvaise image aux Etats-Unis et sont souvent pointées du doigt pour les taux d’intérêts exorbitants que la plupart des entreprises du secteur adoptent envers une classe de la population déjà très modeste. On connaissait la startup américaine Activehours, on découvre aujourd’hui Even dans le paysage des "Payday loans", ces avances sur salaire qui créent souvent la controverse. A l’instar d’Activehours, Even veut lancer des avances sur salaire sans taux d'intérêt mais là où elle souhaite se démarquer, c’est en aidant ses utilisateurs à mieux gérer leur santé financière grâce à des outils de gestion de budget et d’épargne automatisés. Et son service prend la forme d’une souscription, similaire à celui d’une assurance, selon ses fondateurs. Le service coûte 5 dollars par semaine et permet d’accéder à une avance sur salaire sans taux d'intérêt lors de moments difficiles ainsi que de bénéficier d’une aide à l’épargne spécialisée. Ses utilisateurs doivent connecter leurs comptes en banque et la plateforme va alors mettre de côté automatiquement de l’argent pour rembourser des dettes ou simplement épargner lorsque la situation financière de l'utilisateur le permet.  Le service dispose également d’un bouton « pause » qui permet à tout moment d’arrêter l’abonnement sans frais.

Les investisseurs séduits

Basée à Oakland en Californie (un emplacement stratégique car financièrement plus modeste que l'ensemble de la Sillicon Valley voisine), la startup vient de lever 1,5 million de dollars en fond d’amorçage dans un tour de table dirigé par Keith Rabois, un entrepreneur et investisseur américain notamment connu pour ses investissements dans Paypal et Linkedin.  Encore en version bêta et prévoyant un démarrage au cours de l’année 2015, Even serait également en discussion pour développer un modèle B2B, ce qui permettrait notamment aux entreprises ayant des travailleurs en intérim d'intégrer Even dans leurs prestations RH.

En ajoutant des services de gestion de budget à ses offres de prêts, Even rejoint également un écosystème riche de startups visant à révolutionner la manière dont on visualise et gère ses finances personnelles. Il y a quelques années, les outils de PFM (Personal Finance Management) se focalisaient sur des segments de population plutôt financièrement aisés et commencent à changer leur prisme. En outre, ces outils n’étaient qu’à visée informative et présentaient la plupart du temps des plateformes guère engageantes. Aujourd’hui, des startups proposent des outils de plus en plus dynamiques, passant de simple outils de visualisation à de réels assistants virtuels d'aide à l'épargne.

Une multiplicité de plateformes de finances personnelles

La startup Toshl, lauréate du Finovate Europe 2014 ( un salon FinTech basé à Londres) en est un bon exemple. Elle propose un service de PFM visant à faire ressortir des schémas de dépenses et des recommandations pour améliorer la gestion de ses finances. La startup s’est notamment fait connaître pour ses émoticônes originales qui varient selon le comportement financier ainsi que la possibilité de comparer ses postes de dépenses avec des personnes appartenant à son même groupe social ( âge, localisation…)

L’entreprise SaveUp basée à San Francisco a elle décidé de rendre plus ludique le processus de remboursement de dettes. Plus un utilisateur rembourse ses dettes ou met de l’argent de côté et plus il recevra des points. Ces points lui permettront de gagner des cadeaux et des coupons commerciaux. Plus récemment, la startup suédoise Qapital a levé 1,3 million de dollars pour un outil de PFM avec une suite de fonctionnalités originales pour aider ses utilisateurs à épargner. L’une des ces fonctionnalités est un outil d’épargne impulsif pour sanctionner certaines dépenses facilement évitables de la vie quotidienne (par exemple, épargner automatiquement 5 euros à chaque fois que l'utilisateur achète un café). La récente startup Digit, basée à San Francisco et dont un récent article de L'Atelier faisait mention, automatise quant à elle complètement l’épargne de ses utilisateurs. L’application Digit se connecte  directement au compte en banque et transfère de l’argent vers un compte épargne lorsque la situation financière de l’utilisateur le permet.

Rédigé par Matthieu Coat
Business Analyst