Un groupe de chercheurs dit être parvenu à désanonymiser l’identité des utilisateurs du Bitcoin. La monnaie virtuelle qui se voulait anonyme ne le serait peut-être pas tant que cela.

Le Bitcoin, une monnaie pas si anonyme

Si le Bitcoin a du mal à séduire encore les internautes et les consommateurs, il semble toutefois faire peu à peu son chemin. C’est dans ce contexte qu’une équipe de l’université de Luxembourg déclare avoir trouvé un moyen pour retrouver l’adresse IP des utilisateurs. Le Bitcoin fonctionne en fait sur le système du pair à pair, c’est-à-dire qu’il n’est ni centralisé ni contrôlé et permet ainsi des paiements rapides sans frais à travers le monde. Chaque utilisateur est caché derrière un pseudonyme crypté et une adresse qui peuvent être changés régulièrement. C’est sur aspect qu’ont enquêté les chercheurs menés par Alex Biryukov. Leur but a été de savoir si le système permettait réellement des transactions anonymes.

Une brèche dans le système ?

Ils disent alors avoir mis au jour un moyen de retrouver l’identité des personnes dans les transactions. En fait, l’équipe est parvenue à lier les utilisateurs entre eux via les nœuds de connexion. Ce ne sont ainsi pas moins de 60 % des utilisateurs qui peuvent être désanonymisés par cette méthode. Pour y parvenir, les chercheurs en informatique affirment que sont nécessaires quelques ordinateurs et environ 1 500 € par mois pour financer les serveurs et le trafic de données. La faille est donc loin d’être exploitable par tous. Seuls les hackers les plus expérimentés et les plus équipés pourraient s’en servir. Mais loin de se contenter de dresser le bilan, les chercheurs travaillent en collaboration avec des développeurs du Bitcoin sur un logiciel capable de sécuriser et d’anonymiser réellement les transactions.

La monnaie se veut transparente

Car les acteurs de la monnaie virtuelle ont semble t-il conscience des problèmes de confidentialité : “Bitcoin est souvent perçu comme un réseau de paiement anonyme. Mais en réalité, Bitcoin est probablement le réseau de paiement le plus transparent au monde.” affirme un des premiers sites consacrés à cette monnaie. C’est bien pour cette raison que plusieurs outils étaient apparus pour garantir la confidentialité des échanges pécuniaires comme Dark wallet. Reste que l’étude est une des premières à tester les limites de la monnaie virtuelle et sans doute ne sera t-elle pas la dernière au vue de l’importance grandissante du Bitcoin. Elle pourrait même remettre en cause certains projets comme le séquençage ADN via le réseau Bitcoin ou les micro-dons sur les réseaux sociaux qui comptaient beaucoup sur les possibilités d’anonymiser les échanges.

Rédigé par Guillaume Scifo