Ce n’est pas un hasard si L’Atelier BNP Paribas est partenaire de l’association France Fintech depuis sa création et si nous accompagnons une fois encore cet événement Fintech Revolution.

La Fintech en France : l’âge de raison ?

Nous avons été convaincus, dès l’apparition des premières Fintech, et nous restons convaincus aujourd’hui que vouloir les opposer aux acteurs classiques de la banque et de l’assurance est une vision caricaturale du monde, qu’il soit observé du côté client ou du côté des entreprises. BNP Paribas n’a d’ailleurs pas attendu l’essor des Fintech pour parier sur l’innovation ; l’existence de L’Atelier BNP Paribas, depuis plus de trente ans, en est une des preuves les plus flagrantes.

Nous savons aussi que les start-up sont utiles et même indispensables dans tout écosystème. Elles apportent leur agilité, leur capacité de disruption, leur ADN de croissance rapide et ambitieuse. C’est donc une alliance subtile qu’il faut réussir pour associer les Fintech et les acteurs classiques de la finance dans ce secteur extrêmement régulé, à raison, car c’est sur lui que repose le financement de l’économie, l’investissement et l’épargne. La confiance est l'un des moteurs indispensables à son existence, et l’innovation technologique en devient un également. Nous y travaillons chaque jour chez BNP Paribas et à L’Atelier, notamment via notre Accélérateur Fintech & Corporate dont nous venons de lancer la 2ème saison.

La dynamique lancée et nourrie par France Fintech participe aussi à ce mouvement et nous nous en félicitons. La France doit pleinement participer à ce mouvement mondial de l’innovation digitale pour faire évoluer la finance dans lequel les Etats-Unis d’Amérique et leur Silicon Valley, l’Asie du sud-est, Chine en tête et la "start-up nation" israélienne jouent des rôles majeurs. En Europe, Londres et les pays scandinaves ainsi que certains acteurs d’Europe du Sud se battent pour figurer dans les premières places. Notre pays doit lui aussi concourir pour les premières places. Dans la 3ème édition de son rapport international sur les Fintech, KPMG propose un classement mondial des entreprises Fintech leaders dans le monde. Sur les 100 sélectionnées, 3 sont françaises. C’est un bon début mais nous pouvons aller plus loin. Notamment en approfondissant les partenariats entre acteurs classiques et jeunes pousses innovantes. Dans une autre étude, publiée il y a quelques mois, le cabinet de conseil Accenture expliquait que les Fintech dites collaboratives, celles qui considèrent les établissements financiers classiques comme des clients potentiels, gagnent du terrain par rapport aux Fintech “disruptives” qui souhaitent concurrencer les acteurs traditionnels. Cette année marque donc une vraie maturité dans la façon de considérer l‘avenir des relations entre ces deux types d’acteurs. Les start-up du secteur reconnaissent désormais sans peine la valeur de l’expérience industrielle, la force de la confiance et la maîtrise des enjeux de conformité qui sont les trois piliers de l'activité des banques. Deloitte, qui est l’autre grand partenaire de cet événement, expliquait l’an dernier que les Fintech pâtissent d’une notoriété encore faible vis-à-vis du grand public. 38% des Français déclarent connaitre le financement participatif ou l’assurance habitation connectée. Mais les produits testés ne sont connus en moyenne que d’1 Français sur 3 voire sur 5.

A l’heure où la question des données apparaît comme absolument clé pour la réussite d’une stratégie commerciale, reposant notamment sur le numérique, le fait d’être en relation avec des millions de clients, comme peut l’être un groupe financier comme BNP Paribas, représente un atout essentiel que les Fintech doivent évidemment prendre en compte. Plus encore qu’aux usages du Big Data, je pense à l’utilisation intelligente des données, le « smart data » et même au delà, au "prospective data" pour sa capacité à anticiper les futurs usages. Ce point clé de la relation client doit être au centre de notre préoccupation : quelque soit l’avenir des Fintech, leur apport au marché et le développement de leur relation et de leur complémentarité avec les acteurs classiques de la finance, cette dynamique doit se faire au bénéfice de toute la communauté : les clients bien sûr, les salariés du secteur, et plus globalement le financement de l’économie, l’investissement des entreprises, l’épargne des ménages. C’est une de nos motivations, à l’Atelier BNP Paribas : faire en sorte que l’innovation digitale profite à tous les êtres humains.

Cette Fintech Revolution à laquelle nous sommes heureux de participer doit être « human centric » pour prendre tout son sens. C’est notre souhait et nous sommes sûr que vous, toutes et tous, à France Fintech, partagez cette vision.

 
Rédigé par Louis Treussard
CEO of L'Atelier BNP Paribas