Alors que le secteur de la Fintech connaît un véritable essor, la confiance des clients envers la Fintech ne décolle pas encore. Les banques, de leur côté inspirent toujours confiance.

Comme l’expliquait en novembre dernier Philippe Torres, Directeur adjoint de L’Atelier BNP Paribas, en introduction du Fintech Forum au Digiworld Summit 2016, on perçoit désormais clairement une « accélération drastique des investissements des start-up Fintech ». Celle-ci se chiffrerait d’ailleurs à 19 milliards de dollars sur la seule année 2015 et 22 milliards pour l’année 2016, alors qu’il y a encore 5 ans, ces investissements n’atteignaient qu’ 1,8 milliards de dollars.

Des chiffres en pleine croissance mais qui ne se traduisent pas encore dans les usages avec l’adoption par le consommateur lui-même de ce type de services. En effet, selon le World Fintech Report 2017, à peine 36,2% des consommateurs français affirment être clients d'une Fintech. La raison : 82,9% des épargnants français n’accorderaient aucune confiance dans ces start-up. Pour cause, la crainte du vol de leur identités et la mise en relation avec des acteurs anonymes. Et cette méfiance s’étend sur les services du digital en général, puisque seul 37% des Français ont confiance dans les services numériques (Bureau Veritas).

Pas étonnant donc que le secteur Fintech place unanimement la confiance au cœur de sa stratégie d’entreprise. Francis Barel, le directeur de Paypal, a pu s’exprimer ainsi lors du tour de table : « ll faut  engager toutes nos ressources sur la confiance. C’est une question de sécurité, de management et de convenance. Il n’y a rien de mieux à faire que de créer de la sécurité et de la confiance. » Cette opinion est partagée par Mourtaza Asad Syed, fondateur de Yomoni : « la confiance envers la Fintech doit être comme celle qu’on a envers un dentiste ou un  docteur. C’est difficile car la confiance est émotionnelle et nos services sont digitaux, mais c’est ce que nous voulons. » Philippe Baudoin quant à lui évoque une « « réticence par rapport au risque de déshumanisation liée à un sur-usage du digital ».

En somme, la confiance du côté Fintech a énormément de chemin à parcourir. Et pour cela, les banques resteront des acteurs de confiance puisque 8 clients sur 10 aux Etats Unis selon l’ABA (American Banks Association) font confiance à leur banque concernant la sécurité de leurs paiements. En France, plus de 2 Français sur 3 plébiscitent les banques comme premier partenaire de confiance pour les accompagner dans la protection de leurs données bancaires (77%) selon, le Baromètre digital BNP Paribas et CSA Research. Cela va dans le sens de ce qu’indiquait Louis Treussard, CEO de l’Atelier BNP Paribas : le partenariat entre banques et fintechs est un bon compromis pour allier la confiance, l’expertise et la légitimité des unes avec l’agilité, l’ingéniosité et la capacité des autres à pivoter.

Rédigé par Laura Frémy
Journaliste