Issus de l’ère numérique, les « conseillers robots » se développent aussi bien chez les pure-players que dans les fonds d’investissements.

Vers des investissements en ligne toujours plus personnalisés et automatisés ?

Si le métier de conseiller en gestion de patrimoine a encore de beaux jours devant lui, ces dernières années ont vu naître sur la toile un nombre croissant d’initiatives venant en complément des acteurs traditionnels du secteur. Baptisées « robo advisors », littéralement « conseillers robots », elles proposent des solutions entièrement automatisées pour gérer un portefeuille d’actions en ligne, et ciblent notamment les particuliers. Il suffit aux clients d’indiquer leur tolérance au risque et leurs préférences en matière d’investissement. Des algorithmes assurent ensuite la gestion des placements et l’équilibrage du portefeuille. Repérée par le New-York Times, qui voit en elle une licorne potentielle, Betterment est l’une des start-ups les plus renommées du secteur. Basée à New-York, l’entreprise offre selon ses propres dires un service à mi-chemin entre technologie financière sophistiquée et sciences comportementales.

Betterment, une future licorne ?

« Nous avons réalisé que nous pouvions aider nos clients à obtenir un meilleur retour sur investissement en limitant certains comportements. » affirmait ainsi Jon Stein, CEO de l’entreprise, dans un entretien accordé à Forbes l’an passé. Betterment évite notamment de coller de trop près aux tendances du marché et s’assure que ses clients possèdent un portefeuille équilibré. Une recette qui semble fonctionner, puisque l’entreprise a levé soixante millions de dollars plus tôt cette année. Elle compte à l’heure actuelle 120 000 clients et gère plus de 2,5 milliards de dollars. Betterment a également lancé plusieurs services spécialisés, dont Tax impact preview (qui indique en temps réel l’impact qu’aura telle ou telle transaction en terme d’imposition), RetireGuide (un plan personnalisé pour préparer sa retraite) et Betterment Institutional, qui s’adresse aux professionnels plutôt qu’aux particuliers, et travaille actuellement avec plus de cent conseillers en investissement différents.

Concurrence et avenir du marché

Et le succès n’est pas près de s’arrêter : d’après une récente étude du cabinet de conseil A.T. Kearney, la part des actifs gérés par les conseillers robots devrait passer de 0,5% aujourd’hui à 5,6% en 2020. Sur ce marché, le concurrent le plus sérieux de Betterment est sans doute Wealthfront, à qui L’Atelier avait consacré un article en novembre dernier. Cette start-up californienne compte plus de 35 000 clients pour un portefeuille d’actifs total d’une valeur similaire à celui de Betterment. Les choses ont d’ailleurs chauffé entre les deux concurrents, au début de l’été, lorsqu’Adam Nash, le CEO de Wealthfront, a critiqué le modèle de Betterment. Parmi les conseillers robots proposant un modèle similaire, on compte Jemstep, Hedgeables, FutureAdvisor, Upside, SigFig ou encore Personal Capital. D’autres entreprises de niche tentent de s’insérer sur le marché, comme Bloom, spécialisée dans l’élaboration de plans d’épargne retraite. Désireux de ne pas se laisser distancer, les acteurs traditionnels du milieu organisent également leur riposte. Le fonds d’investissement Vanguard a ainsi mis en place son propre service de conseiller robot, tandis que Charles Swab & Co offre un service de portefeuille intelligent.

 

Rédigé par Guillaume Renouard