selfies : une tendance qui gagne tous les secteurs

La plupart des start-up qui exploitent le concept de selfie ont généralement des ambitions esthétiques ou de divertissement. Surtout destiné aux applications mobiles, le selfie se révèle particulièrement efficace pour le secteur de la beauté. Pour essayer virtuellement du maquillage (comme le propose la start-up canadienne Modiface, récemment acquise par L'Oréal), des coupes de cheveux (avec le chatbot Madi imaginé par l'entreprise californienne Madison Reed), des vêtements, ou encore définir un traitement cutané adapté (MDacne). De son côté, et dans un tout autre registre, la société française Postmii, comme l'a fait avant elle Selfie pour mamie, propose de faire le pont entre le digital et les tirages papier, en envoyant des selfies. Dans la même veine, Selffee propose une impression sur gâteaux. L'industrie du spectacle fait également partie des intéressés, avec un éventuel remplacement des tickets physiques par une simple reconnaissance faciale pour le service de billetterie en ligne Ticketmaster. À Chicago, Pay your Selfie surfe également sur la tendance de l'autoportrait : la start-up est une entreprise de « sondage selfie », c'est-à-dire qu'elle réalise des enquêtes et études de marché avec des réponses basées sur des photos des consommateurs (le selfie sert à la fois de preuve et d'information supplémentaire sur l'usage qui est fait du produit). Au-delà de ces usages, la FinTech et l'InsurTech s'intéressent également au phénomène.

Selfinance : le selfie dans la FinTech

Fintech

La biométrie s'invite durablement dans les paiements

  • 23 Fev
    2018
  • 5 min

L'authentification biométrique est de plus en plus répandue dans les paiements : elle promet une forme d'authentification plus simple et plus sécurisée, et les consommateurs l'adoptent aujourd'hui largement (en témoignent aujourd'hui les 29% de propriétaires de smartphone qui utilisent le lecteur d'empreintes digitales de leur appareil – certains pour déverrouiller leur application bancaire et/ou valider des transactions financières). 

En 2016, Mastercard déployait en Amérique du Nord et en Europe l'Identity Check (désormais disponible dans 37 pays à travers le monde), son outil d'authentification de paiement par reconnaissance faciale. L'entreprise américaine s'est depuis fixée pour objectif de faire de la biométrie le standard d'authentification des paiements numériques à partir d'avril 2019 (date à laquelle l'Identity Check remplacera le code de sécurité SecureCode). Une excellente nouvelle pour les 93% de consommateurs qui préfèrent la biométrie aux mots de passe pour valider leurs paiements, et pour les 92% des professionnels du secteur bancaire qui souhaitent adopter les solutions biométriques.



58% 

des opéra-teurs

préfèrent la reconnaissance faciale comme solution d'authentification

Avant elle, d'autres acteurs mondiaux en parlaient déjà : en 2015, lors de la conférence CeBIT à Hanovre, Jack Ma, CEO d'Alibaba, faisait la démonstration d'un paiement par reconnaissance faciale. Une solution innovante que la firme ne tarde pas à développer à plus grande échelle : Ant Financial, la filiale financière du groupe, lance Smile to Pay à l'automne 2017 dans les KFC de Hangzhou, ville chinoise qui abrite aussi le siège social de l'entreprise. Aujourd'hui, les initiatives se multiplient dans de nombreux pays : depuis 2015, la start-up bavaroise Saffe valide des transactions grâce à un selfie ; depuis 2016, la plateforme de paiement par reconnaissance faciale selfiepay opère depuis Atlanta, aux États-Unis ; et, depuis 2017, la collaboration entre la fintech brésilienne Banco Neon et la multinationale Visa permet de faire de même. Selon les deux partenaires, cette nouvelle solution d'authentification est la méthode la plus utilisée par leurs clients pour confirmer leur identité ; mais aussi la méthode préférée des opérateurs (58%)

BIOMÉTRIE : LA RECONNAISSANCE FACIALE COMME SOLUTION D'AutehntificaTION

Shutterstock - Credits: Shutterstock

Souriez, vous êtes assurés

Si la FinTech mise donc beaucoup sur les traits du visage, le secteur de l'assurance s'y penche également. Outre ses applications commerciales, a biométrie permet aussi d'estimer l'espérance de vie des individus, et plusieurs sociétés d'assurance-vie utilisent désormais l'analyse faciale dans leurs offres de souscription. Les différentes solutions d'analyse faciale de la start-up américaine Lapetus Solutions sont ainsi particulièrement utiles pour les industries dont les activités dépendent de la prédiction d'événements futurs, et notamment de l'espérance de vie (planification financière, soins de santé, fonds de pension, assurance vie, etc.).

L'industrie sera obligée d'étendre la façon dont elle utilise la technologie pour engager le consommateur et réduire ses coûts globaux. La biométrie jouera probablement un rôle important. 

Janet Anderson

La compagnie, basée en Caroline du Nord, a développé son premier programme – Chronos – dès la première année. « Nous avons depuis proposé plusieurs outils et plateformes qui peuvent aider les assureurs à évaluer les risques rapidement et plus efficacement que les méthodes traditionnelles », explique Janet Anderson, directrice marketing de la compagnie. « À partir d'un selfie, nos outils d'analyse sensorielle fournissent une évaluation qui donne des informations sur l'IMC, le sexe, et l'âge, ainsi qu'une classification tabagique. Ils permettent d'établir un diagnostic instantané concernant l'espérance de vie avec des réponses à quelques questions simples. » Elle ajoute : « Les opérateurs ont constaté que le consommateur est très disposé à télécharger son selfie dans le cadre d'un processus de vente d'assurance-vie. » Selon elle, « l'industrie sera obligée d'étendre la façon dont elle utilise la technologie pour engager le consommateur et réduire ses coûts globaux. La biométrie jouera probablement un rôle important. »

Regard d'expert

John Hyde

Directeur Général

Legal & General America

L'assurance vie est de ces produits qu'il est difficile de rendre intéressant, en particulier auprès de la génération Y. [...] Mais avec un service basé sur un selfie, les millennials pourraient rapidement établir un devis.

L'année dernière, à l'occasion d'un hackaton qu'elle organisait, la compagnie Legal & General America a donné naissance au projet SelfieQuote, dont l'actuelle version bêta (qui sera prochainement lancée aux Royaume-Uni) fonctionne sur la plateforme d'analyse de Lapetus. « Nous avons accéléré la mise à l'agenda de SelfieQuote pour être capables de le lancer aux États-Unis durant l'été 2017 », précise John Hyde, directeur général. Le concept ? Proposer aux futurs assurés un devis concernant leur assurance vie en se basant sur un selfie. « L'assurance vie est de ces produits qu'il est difficile de rendre intéressant, en particulier auprès de la génération Y. Il y a un tas de différentes raisons pour lesquelles les gens ne souhaitent pas y souscrire. Mais avec un service basé sur un selfie, les millennials pourraient rapidement établir un devis. La technologie actuelle analyse l'âge, l'indice de masse corporelle et le genre du client. » John Hyde estime, au vu du nombre d'entrées soumises jusqu'à présent, que « cette technologie pourrait potentiellement transformer l'industrie. Aujourd'hui, il s'agit d'utiliser une technologie qui corresponde à la vie quotidienne des consommateurs : plutôt que de les forcer à se plier à nos règles, nous souhaitons se plier aux leurs. » Un outil potentiellement révolutionnaire pour le secteur, surtout quand on sait que 70% des Américains envisageraient d'acheter une assurance-vie si la souscription était simplifiée. Lapetus Solutions estime justement que la technologie pourrait remplacer cet examen médical, réduisant le temps nécessaire à la souscription à seulement dix minutes. Une image vaudrait-elle mille mots ?

Rédigé par Marie-Eléonore Noiré
Journalist