Avec la croissance relativement lente du Bitcoin, il est intéressant de constater que certaines applications tentent d’analyser la manière dont elles pourraient utiliser la technologie sur laquelle s'appuie la monnaie virtuelle : la « blockchain ».

ShoCard s'appuie sur la « blockchain » pour sécuriser l’identification numérique

D’après eMarketer, le marché du smartphone devrait atteindre 2 milliards d’utilisateurs dans le monde en 2016, quand, de son côté, StatCounter estime que le nombre de téléphones mobiles ayant accès à Internet a augmenté de 67 % au cours des 12 derniers mois. Ces chiffres montrent à eux seuls l’impact de l’industrie mobile sur l’économie actuelle. L’écosystème des start-up essaie en permanence d’adapter les téléphones mobiles aux besoins des consommateurs, ce qui signifie que ces derniers comptent désormais de plus en plus sur leurs téléphones pour leur fournir les produits et/ou les services dont ils ont besoin au quotidien. Avec le lancement des porte-monnaie mobiles comme ApplePay, Google Wallet, etc., les téléphones sont en train de devenir le seul objet que les consommateurs doivent absolument emporter avec eux, vu qu’ils peuvent y stocker toutes sortes d’informations, y compris leurs documents d’identité. La question se pose bien entendu de savoir s’il est possible de stocker sa carte d’identité sur son téléphone mobile en toute sécurité.

Au cours de l’événement TechCrunch Disrupt NY, ShoCard a proposé sa solution pour résoudre ce problème particulier, solution qui pourrait révolutionner la manière dont les banques vérifient l’identité de leurs clients. En effet, les cofondateurs de ShoCard – Armin Ebrahimi et Jeff Weitzman – ont expliqué comment ils utilisaient la technologie qui soutient le Bitcoin – appelée « blockchain » (ou registre des transactions) – pour assurer le cryptage et le stockage des informations concernant l’identité des utilisateurs.

La « blockchain » pourrait-elle remodeler les méthodes de stockage des données personnelles ?

« La vérification de l’identité des utilisateurs a toujours été un problème sur internet », explique un des cofondateurs, Jeff Weitzman. La sécurité a toujours été la priorité numéro un des banques. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui, avec la présence des technologies dans pratiquement toutes nos activités quotidiennes. Au cours du processus de création de « cartes d’identité » ShoCard, les utilisateurs commencent par scanner et signer leur document d’identité (carte d’identité, permis de conduire, etc.) via l’application mobile. Les données sont alors traitées d’une manière unique, vu que ShoCard ne fait pas appel à des tiers. L’entreprise préfère utiliser la technologie décentralisée de la « blockchain » pour stocker ces informations en toute sécurité. Au lieu d’utiliser un serveur, cette technologie fait circuler les informations via les nœuds du réseau Bitcoin, en générant une série de clés d’identification (privées et publiques) permettant de protéger les informations.

La confidentialité des données est garantie grâce à un procédé cryptographique de niveau comparable aux systèmes utilisés par les entreprises. En réalité, on pourrait comparer la « blockchain » à une base de données sûre qui stocke tous les documents. Lorsque la « carte d’identité » est créée, elle permet aux individus de prouver leur identité. Par exemple, au cours d’un achat en ligne, certains sites internet sont plus sensibles que d’autres et exigent que les utilisateurs s’identifient. Ces contrôles s’avérer souvent complexes et déconcertants. Par contre, l’utilisation de ShoCard permet aux consommateurs d’approuver facilement leurs transactions via leur application mobile : au lieu de les rediriger ou de leur poser des questions de sécurité, l’application ShoCard les informe de la transaction en cours et leur demande d’accepter ou de refuser l’achat.

Doit-on s’attendre à ce que ShoCard révolutionne le système de gestion traditionnel des banques ?

Un partenariat entre ShoCard et les banques permettrait d’améliorer l’expérience des utilisateurs. Par exemple, si quelqu’un souhaite confirmer qu’une autre personne détient la bonne identité, la banque leur enverra une ShoCard qui lui permettra de vérifier si l’utilisateur détient les données correspondant aux informations enregistrées, ce qui pourra être prouvé grâce à la clé personnalisée de l’utilisateur. La banque émettra ensuite son propre jeu de clés privées, également cryptées, qui seront liées à la ShoCard de l’utilisateur. La banque pourra ainsi identifier la ShoCard lors de toutes les transactions. Ces mêmes avantages s’appliqueront bien entendu aussi aux cartes de crédit, et en cas de vol de carte, les utilisateurs seront immédiatement informés et auront la possibilité de bloquer instantanément la transaction.

D’autres start-up comme miiCard – une start-up européenne – et Jumio – une entreprise californienne – proposent également des processus de vérification, mais aucune d’entre elles n’utilise la « blockchain », qui est en réalité le principal facteur de différenciation de ShoCard. Il faudra être patient avant de connaître l’évolution de cette start-up, mais en cas de succès, elle permettrait de réduire de 27 milliards de dollars les pertes enregistrées annuellement suite à des vols d’identité (InsideBitcoins). Vu l’ampleur de ce chiffre, les institutions financières ont donc tout intérêt à se pencher sur les avantages de l’utilisation de la « blockchain » pour le stockage des données personnelles de leurs clients.

Rédigé par Kathrin Helminger
Digital Analyst at L'Atelier North America BNP Paribas