Fintech

La start-up QEDit partage les preuves, pas les données

  • 25 Mai
    2018
  • 2 min

La start-up israélienne QEDit utilise la blockchain pour fournir aux entreprises des preuves tout en protégeant les données privées. Bienvenue dans l'ère du « zero knowledge proof ».

En ce jour d'entrée en vigueur du RGPD, la start-up QEDit (du latin quod erat demonstrandum pour « ce qu'il fallait démontrer » ou CQFD) propose une solution plus que jamais d'actualité. Elle repose sur le principe du zero knowledge proof pour fournir aux entreprises et institutions financières des preuves, en matière de conformité notamment, sans avoir à partager les données privées. Rencontré sur le stand de Viva Technology, le CEO de la jeune pousse, Jonathan Rouach, revient sur des cas d'usages concrets : « Pour obtenir un prêt, je dois me séparer de mes données, les donner à la banque qui fait ses calculs et voit si elle peut accorder ou non le prêt. On observe de plus en plus de cas d'usages où l'on ne veut pas se séparer de ses données, on veut les garder confidentielles mais on a besoin de faire ce processus de vérification. Par exemple, les armées qui font voler des avions de chasse veulent savoir s'il faut remplacer l'équipement Thales mais elles ne veulent pas donner à Thales leurs données opérationnelles parce que tout cela est classé secret défense. QEDit permet d'analyser les données sans transmettre les données et être sûr de l'analyse. C'est l'authentification de calculs. On envoie des preuves au lieu d'envoyer des données. » Pour imager ce concept de « zero knowledge », Jonathan Rouach raconte une histoire autour de la série de livres-jeux Où est Charlie ? : « C'est l'histoire d'une personne qui entrait dans les librairies d'enfants parisiennes pour faire une blague aux enfants, et qui y disposait des livres "Où est Charlie ?". Quand les enfants trouvaient le livre, ils ne trouvaient pas Charlie et devenaient fous. Le libraire connait alors la solution mais ne peut pas la donner, il peut juste prouver qu'il existe une solution. Il prend alors une enveloppe quatre fois plus grande que le livre, au milieu de laquelle il fait un trou et il montre Charlie à l'enfant, car lui connaît la solution, et après il retire l'enveloppe. L'enfant sait alors qu'il est bien dedans, il lui a donné la preuve sans lui donner la solution. » L'ambition de QEDit est d'amener le «zero knowledge proof » vers la blockchain, et de standardiser cela avec toute l'industrie, en commençant par les banques. Car c'est cela là aussi l'avenir de la banque : se réaffirmer en tant que tiers de confiance au service de la protection des données privées de ses clients. 

Rédigé par Oriane Esposito

BNP Paribas est partenaire de Viva Technology pour la troisième année.