Quand des chercheurs mexicains tentent d’améliorer la détection des maladies oculaires, cela passe par une application mobile. Une technologie qui pourrait grandement faciliter le diagnostic dans les pays en voie de développement.

Autodiagnostic : le smartphone s’improvise ophtalmologue

Une bague pour détecter les maladies sexuellement transmissibles, un brassard qui signale les montées de fièvre, un capteur sur smartphone pour diagnostiquer les otites… les technologies d’autodiagnostic n’en finissent plus de se diversifier. Dès lors, pourquoi ne pas imaginer une application pour détecter d’éventuelles pathologies oculaires ? C’est ce qu’est parvenu à mettre au point une équipe de chercheurs mexicains. Issue d’une collaboration entre l’Institut de technologie et d’études supérieures de Monterrey et le Centre médical et chirurgical pour la rétine, l’application saisit une photo de l’œil du patient pour trouver d’éventuels problèmes.

Prévenir plus tôt les pathologies

Grâce à une série d’algorithmes, elle détecte si une pathologie se cache chez le patient. Dans les faits, le système ne permet pas d’évaluer la vision avec précision. Il s’agit plutôt de dévoiler la présence d’œdèmes, de lésions de la rétine ou de déficiences visuelles avant qu’elles ne deviennent plus graves. « Nous sommes partis d’un constat simple : il est beaucoup moins cher de prévenir une cécité que de la guérir » explique un des responsables du projet, le docteur Juan Carlos Altamirano Vallejo dans le communiqué qui espère pouvoir lancer son application sur le marché prochainement.

Le smartphone devient ophtalmologue
                                             Le smartphone rend le diagnostic plus rapide.
 

Une démocratisation du diagnostic ophtalmologique ?

L’avantage de l’application réside donc dans son coût et sa rapidité. Facile à installer et instantané, le petit logiciel rend le diagnostic accessible dans des régions rurales et/ou en manque d’équipements médicaux. Un problème que connaissent plusieurs régions mexicaines d’où les chercheurs sont originaires. Cela étant, l’idée de l’application n’est pas de remplacer les professionnels de santé. « Nous ne voulons remplacer les spécialistes, nous voulons améliorer la détection des pathologies pour faciliter les décisions en amont » détaille Juan Carlos Altamirano Vallejo. L’accent est donc mis sur la prévention et une utilisation par les médecins, non les patients eux-mêmes. Une volonté qui vient appuyer les résultats d’une étude d’Harvard : les outils d’autodiagnostic semblent beaucoup plus utiles dans la consultation chez le médecin.

Rédigé par Guillaume Scifo