Les professionnels de médecine attendent beaucoup de la mise en place des structures Big Data dans leur secteur, mais les barrières à l'installation sont encore très présentes.

Big Data et Santé : les attentes ne correspondent pas encore à la réalité

L'arrivée de l'approche Big Data dans les secteurs de la Santé, que ce soit auprès des industries pharmaceutiques, du personnel médical ou des institutions de soin a soulevé de nombreuses et fertiles attentes. En théorie, l'approche analytique induite permettrait un changement structurel dans l'approche des maladies. Un diagnostic par voie métabolique qui permettra une dynamique nettement plus individualisée. Si les acteurs sont unanimes dans leurs attentes et dans les avantages espérés, le Big Data n'est cependant pas encore une réalité dans la Santé. Les chercheurs de la Society of Actuaries américaine ont ainsi publié un sondage effectué auprès des professionnels de la santé, montrant que si d'important bénéfices sont attendus, l'état présent du Big Data est encore sinon contre productif, du moins lacunaire.

Great expectations

Ce sont ainsi 45% seulement des professionnels interrogés qui déclarent que le Big Data a un effet bénéfique et notable dans leurs pratiques. Considérant le peu de temps disponible pour mettre en place de telles infrastructures, ce chiffre peut déjà sembler relativement élevé. Il faut cependant le mettre en opposition aux quelques 22% qui déclarent, du moins pour le moment, ne recevoir aucun bénéfice de leur structure Big Data. Ces résultats semblent ainsi indiquer, plutôt qu'un refus volontaire de mettre en place le Big Data, une certaine déception par rapport aux attentes. Car, en effet, 87% des preneurs de décision au sein des acteurs de la Santé reconnaissent aisément le Big Data comme ayant un potentiel impact important sur la conduite de leur business model. Comment expliquer dès lors une telle différenciation entre attente et réalité? Au vu de ce sondage, c'est le manque d'expérience qui émerge comme facteur clé dans l'efficience du Big Data. Ainsi,si les structures apparaissent suffisamment matures pour supporter les différents processus, l'obstacle principal reste celui du personnel. Quelques 84% des sondés admettent ainsi manquer cruellement des talents nécessaires pour optimiser leur approche.

Manque de ressources

Pour remédier à cela,près de la moitié d'entre eux entendent combler ce manque par une dynamique de recrutement renforcée dans l'année qui vient. Toutefois, les professionnels de la Santé sont confrontés à de nombreuses difficultés dans leur politique de recrutement. 83% d'entre eux définissent ainsi le recrutement de talents de "quelque peu difficile" à "impossible". Ces obstacles semblent aussi mettre en lumière une inadéquation dans la politique de recrutement. Carol McCall, CSO de GNS Healthcare explique ainsi que "Pour trouver les bons talents, vous avez besoin de regarder dans des lieux non traditionnels, quelquefois même dans d'autres industries." C'est semble-t-il l'idée suivie par les décideurs dans leurs prévision de recrutement : un tiers d'entre eux admettent ainsi que leur staff présent ne possèdent pas les compétences analytiques nécessaires, et près de la moitié des interrogés entendent ainsi engager de nouveaux talents dans l'année suivante, contre quelques 23% dans les 2 à 3 années qui viennent.

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste