L’envoi d’une bactérie mortelle en orbite par Space X annonce que la lutte contre les bactéries les plus résistantes peut trouver sa résolution dans l’espace.

La conquête spatiale sera-t-elle une conquête médicale ?

De nouveau, l’entreprise américaine Space X  fait parler d’elle.  Et cette fois ci, il est question d’une toute autre conquête, que la colonisation spatiale. Ce mardi 14 février 2017, le Falcon 9 de Space X ne voyagera pas seul. A son bord, des staphylocoques dorés (SARM), des bactéries hautement pathogènes, prendront place aux côté d’astronautes, pour être mises en cultures dans les laboratoires médicaux de la Station Spatiale Internationale. A la demande de la NASA, l’étude s’appuiera sur la technologie Gene-Radar, développée par l’entreprise Nanobiosym, un scanner mobile capable d’établir le diagnostic en temps réel de toute maladie.

Sur Terre, les gènes de nombreuses bactéries mutent chaque année pour résister aux antibiotiques. En orbite, les chercheurs ont pu constater que la mutation de ces gènes se démultipliait, en raison de la gravité et de l’hyper-propulsion. Leur rapide mutation permettrait aux chercheurs d’anticiper les futures métamorphoses de ces agents pathogènes pour pouvoir les devancer. Au dire de la NASA : « L’expérience fournira des données qu’on utilisera pour établir de futurs modèles prédictifs afin de contrer les mutations des maladies résistantes, et lancer le développement de nouveaux antibiotiques. »

Car, il faut le dire, en 2017, l’œuvre de Pasteur est mise à mal. La résistance aux antibiotiques a eu dernièrement une forte résonance médiatique quand une patiente américaine s’est vue administrer 26 antibiotiques différents avant de décéder d’une infection bactérienne. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé « la résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement.[…] Un nombre croissant d’infections deviennent plus difficiles à traiter, les antibiotiques utilisés pour les soigner perdant leur efficacité. Elle entraîne une prolongation des hospitalisations, une augmentation des dépenses médicales et une hausse de la mortalité.»

Demain, en plus du défi écologique, et bien plus que la colonisation de Mars, l’industrie aéronautique semble avoir une autre lutte, plus prioritaire, à mener. La conquête spatiale sera-t-elle une conquête médicale ?

Rédigé par Laura Frémy
Journaliste