La e-santé dématérialise les rendez-vous médicaux, permettant à chacun d’être suivi à distance…à condition de posséder un smartphone. SpiroCall supprime ce prérequis avec un service de suivi pulmonaire accessible depuis n’importe quel téléphone.

Le contrôle médical en un coup de téléphone

Non, tout le monde ne possède pas un smartphone. Les seniors n’osent pas toujours s’en approcher, les pays défavorisés n’y ont pas forcément accès. Hors, aujourd’hui, de nombreux services passent par le smartphone et ses applications : la e-santé en fait partie.

Pour rendre l’e-health accessible au plus grand nombre, les chercheurs de l’Université de Washington ont créé SpiroCall, un service de mesure de ses fonctions pulmonaires par téléphone. Le patient compose le 1-800 puis inhale et exhale le plus fort possible, comme lors d’un test chez le médecin. Le microphone enregistre le son et la pression de la respiration, puis envoie ces données vers un serveur. Utilisant algorithmes et machine learning, le serveur convertit l’enregistrement en mesures standards. Le patient reçoit par la suite ses résultats par sms. 

Testé en Inde, au Bangladesh mais aussi à Seattle et Tacoma, le processus répond aux normes de précisions médicales avec une marge d’erreur de 5 à 10 %, « acceptable » selon les chercheurs.

Comment cette technologie est-elle possible ? Simplement car un spiromètre classique, outil de mesure de la respiration, ne comporte finalement qu’un micro et un traiteur de mesures. Tous les téléphones (fixe, mobile, cabines téléphoniques…) disposant d’un microphone, ils peuvent se transformer en spiromètres.

Pour rendre le test plus précis et réduire la marge d’erreur, SpiroCall a également imprimé un sifflet en 3D qui aide les patients les plus gravement atteints à réaliser le test.

Les maladies respiratoires chroniques comme l’asthme exigent un suivi régulier qui n’est pas toujours possible dans certaines zones peu médicalisées. La technologie SpiroCall cherche les autres mesures possibles par téléphone afin d’apporter une solution aux déserts médicaux.

 

 

 

Rédigé par Cécile Puyhardy
Journaliste