Des chercheurs européens ont développé un kit de diagnostic portable qui pourrait être commercialisé très prochainement.

Le diagnostic de maladie peut s’avérer délicat lorsqu’il est nécessaire de l’effectuer dans des environnements difficiles, comme lors d’accidents ou dans des pays en voie de développement où peu de moyens sont à disposition. Dans le cadre du projet LABONFOIL, soutenu par l’Union Européenne avec 5,3 milliards d’euros, treize partenaires venus de huit pays ont souhaité collaborer pendant quatre années au centre de recherche basque IK4-IKERLAN afin de développer un laboratoire portable permettant un diagnostic rapide et économique. "Les chercheurs ont associé leurs compétences et expertise en microtechnologie, biologie moléculaire, matériaux et électronique" explique le Dr Ruano-López, coordinateur du projet, et ce afin de permettre de détecter la présence de certain composant dans le sang, l’eau ou même sur un surface comme la peau. Le tout, relié à un lecteur portable qui peut, via une connexion à distance, envoyer les résultats des tests à un ordinateur, une tablette et même à un smartphone.

Une technologie transdisciplinaire

Plus précisément, l’équipe constituée de chercheurs venus de diverses disciplines s’est concentrée sur la réalisation d’un laboratoire s’appuyant sur trois cartes à puces et un timbre transdermique pour effectuer des prélèvements et d’un lecteur permettant d’analyser les données issues des tests. Chaque élément est constitué d'un circuit électronique très sophistiqué et différents composants chimiques réagissent à des substances définies permettant le diagnostic. Ainsi, le timbre transdermique peut identifier des traces de drogue notamment de cocaïne dans la sueur humaine prélevée directement sur la peau. Une des deux cartes à puce a, quant-à-elle, pour mission d’analyser le sang du patient inséré dans le lecteur et, notamment de permettre un suivi concernant le traitement de certains cancer (comme celui du côlon) identifiant la présence en grande quantité ou non de certaines protéines dont le nombre augmente en cas de rechute. La seconde carte permet de détecter des agents pathogènes (des agents infectieux tels que les bactéries ou les virus) dans l'alimentation. La carte peut ainsi mesurer la pollution de l’eau en analysant la concentration de phytoplancton dans des échantillons d'eau de mer.

Un projet révolutionnaire et concret

Les données peuvent être examinées en temps réel par le lecteur portable ou stockées pour une analyse ultérieure, de 24 heures à 10 jours plus tard. Les opportunités que ce laboratoire offre pourraient en intéresser plus d’un. Par exemple, il pourrait servir au contrôle des automobilistes quand près de 25% des accidents mortels de la route en Europe, aux États-Unis et en Australie sont liés à la consommation de drogues. Il peut également être utilisé dans les exploitations agricoles et dans les établissements de transformation alimentaire pour garantir la sécurité alimentaire et protéger le consommateur, ou encore pour mesurer la pollution environnementale. Un tel système de diagnostic peut s’avérer particulièrement utile en cas de crise environnementale ou sanitaire. Les chercheurs ont utilisé des films métalliques permettant ainsi de considérablement réduire les coûts de production. Des entreprises espagnoles, irlandaises et danoises projettent de commercialiser cette technologie innovante très prochainement.

Rédigé par Kenza ADEÏDA
Journaliste