Une récente étude menée par l'Université de Southampton et le National Vector-Diseases Control Programme (NVDCP) a démontré que l'utilisation des données mobiles peut s’avérer efficace contre le paludisme.

Les données mobiles, un atout dans la lutte contre le paludisme

Avec 207 millions de personnes atteintes et 627 000 décès en 2012, le paludisme est un réel fléau pour l'Afrique subsaharienne (80% des cas enregistrés). Pour éliminer cette maladie, il est essentiel de cibler les zones et y déployer les mesures adéquates. Mais les chiffres sur les habitudes de déplacement des hommes dans les régions d'endémie sont à l'heure actuelle encore trop limités. Et pour cause, ces derniers se restreignent pour la plupart à des enquêtes locales et des données de migration basées sur le recensement. Ce qui s'avère insuffisant. Des chercheurs de l'Université de Southampton et du NVDCP ont emprunté une nouvelle voie. S'appuyant sur la montée en puissance des téléphones mobiles en Afrique, ces derniers ont misé sur les données de mobilité ainsi récoltées via les téléphones.

Comprendre la circulation des personnes

L'étude menée en Namibie a utilisé des enregistrements mobiles anonymes pour mesurer les mouvements de population au cours d'une année. Plus de neufs milliards de communications ont été transmises aux chercheurs par le fournisseur d'accès MTC. Ces communications sont issues des 1,19 millions d'abonnés, soit plus de la moitié (52%) de la population namibienne. Ces données ont permis de reconstituer les mouvements des utilisateurs mobiles entre les zones urbaines et les zones rurales. "Comprendre la circulation des personnes est crucial dans l'élimination du paludisme" explique le Dr Andy Tatem de l'université britannique. Ainsi, en combinant ces données avec des informations sur les cas diagnostiqués de paludisme, la topographie et le climat, les chercheurs ont pu identifier géographiquement les "points-chauds".

Cibler les zones à risques

Ces données, combinées aux recherches déjà en cours peuvent véritablement aider à planifier où et comment intervenir. Les résultats ont déjà fait leurs preuves en aidant le NVDCP en Namibie à cibler les interventions dans les communautés les plus à risque. De cette façon, les régions d'Omusati, de Kavango et du Zambèze ont été repérées et cela a facilité l’année dernière, la mise en place de campagnes de distribution de lits imprégnés d'insecticides. Par ailleurs, une large initiative de construire un réseau de distribution est en marche, appuyée par une communauté de professionnels de la santé. Le Dr Tatem reste prudent et rappelle que "l'importation du paludisme depuis les pays voisins reste toujours un point essentiel dans la lutte contre le paludisme".

Rédigé par Kenza ADEÏDA
Journaliste