Capter les données à partir du tissu de l’oreille pourrait-il se révéler plus efficace que les autres technologies connectées dans le domaine de la santé ?

L’Internet of Things représentera 27 milliards d’objets connectés à l’horizon 2020, selon les prévisions du cabinet de conseil et de recherche technologique Gartner. Une source de motivation certaine pour l’entreprise Valencell, spécialisée dans le développement de technologies sensorielles, qui, pour se démarquer dans le secteur très compétitif du Quantified-Self, a décidé de s’appuyer sur les données récoltées à partir de l’oreille plutôt qu’au poignet. En effet, l’entreprise a développé des écouteurs permettant de mesurer des données relatives au corps, comme le rythme cardiaque, la température corporelle ou encore la fréquence respiratoire. Steven LeBoeuf, co-fondateur, insiste sur une meilleure qualité des données récoltées à partir de l’oreille, car les flux sanguins sont plus précis et facilement mesurables, produisant donc un signal avec moins de nuisances.

L’oreille, source de données plus précise que le poignet

Si l’aspect des écouteurs est à première vue tout ce qu’il y a de plus classique, la technologie utilisée est quant-à-elle la photopléthysmographie. Composée de LED et détecteurs, elle se base sur la façon dont se disperse la lumière dans les vaisseaux sanguins et prend en compte un accéléromètre pour étudier les mouvements. A partir de cette technologie, un processeur intégré aux écouteurs analyse les données, les isole des parasites éventuels (mouvement de la peau, lumière du soleil ...) et les envoie au smartphone. Le sang circulant à différents endroits dans l’oreille à des taux variables, cette technologie devrait garantir en plus de la précision la mesure de données plus variées. Ainsi, cette analyse du flux sanguin donne accès à des mesures plus pertinentes, comme le nombre de calories brûlées ou encore la consommation d’oxygène durant un exercice physique.

Des applications dépassant le simple Quantified Self

Conscient qu’il est plus compliqué de produire un objet connecté dédié à l’oreille plutôt qu’au poignet car le système électronique doit être réduit et adapté à chaque oreille, LeBoeuf croit cependant beaucoup aux applications de sa technologie sensorielle, nommée PerformTek. En effet, celui-ci argue que beaucoup de personnes utilisent des écouteurs et, pour prendre des mesures, il n’est pas nécessaire de les porter en permanence. Validée par des experts extérieurs à Valencell, comme le chercheur de l’Université de l’Indiana Kevin Bowyer spécialisé dans les données biométriques relatives aux oreilles, cette technologie a des perspectives d’application intéressantes. Ces écouteurs connectés pourraient par exemple aider à contrôler l’état de santé des soldats sur le terrain ou encore des pompiers lors d’une intervention risquée. Pour le domaine de l’entertainment, il s’agirait de transposer l’état émotionnel d’un joueur au personnage incarné dans le jeu vidéo.

Rédigé par Arthur de Villemandy