La startup californienne propose un stethoscope permettant de comparer les enregistrements cardiaques aux bases de données médicales pour affiner la détection de troubles cardiovasculaires.

Eko connecte le stéthoscope au mobile pour des diagnostics plus précis

Il semblerait qu'à l'image des autres outils médicaux, le stéthoscope ait été rattrapé par la technologie. En effet, une récente étude publiée dans la revue médicale Global Heart par des chercheurs de la Mount Sinaï School of Medecine de New York annonce son remplacement imminent par des technologies plus sophistiquées et plus fiable s’appuyant sur les ultrasons. La startup californienne Eko propose pour sa part d'améliorer les stéthoscopes en les dotant d'un appareil capable d'amplifier et enregistrer les battements cardiaques du patient afin de pouvoir en comparer les caractéristiques aux bases de données médicales. Le but est simple puisqu'il s'agit avant tout d'assurer une réduction drastique (voire la disparition) des cas de non détection de maladies cardiovasculaires ou de déficience cardiaque. Si tous les médecins ne sont pas cardiologues, la simple capacité d'enregistrement de l'appareil proposé par Eko devrait permettre une approche nettement plus poussée du diagnostic cardiaque.

Un stéthoscope sous haut parleur

Le produit projeté par la société Eko est en réalité relativement simple et se place comme une extension du principe du stéthoscope. Plutôt que de s'appuyer uniquement sur les capacités auditives des médecins, liées à des facteurs conjoncturels comme l'âge, l'expérience ou la fatigue, Eko souhaite offrir une approche double. D'une part, il se compose d’un système d'amplification pour permettre une meilleure détection des différents murmures cardiaques durant l'examen et, d'autre part, d’une capacité d'enregistrement des examens. Directement relié à l'Iphone du médecin, l'amplificateur serait ainsi à même de partager les enregistrements avec la base de donnée détenue par Eko. Il serait alors possible de comparer l'enregistrement du patient avec d'autres enregistrements diagnostiqués, ou même d'envoyer directement à un cardiologue l'enregistrement pour obtenir un second avis. "Nous innovons sur une très vieille technologie que chaque médecin détient et utilise, et simplement en se procurant notre appareil, ils seront capables de le rendre nettement plus productifs." explique Jason Bellet, directeur du développement d'Eko.

Simplifier les procédés

Le projet d'Eko, s'il se place d'abord dans une dimension médicale, doit être observé dans une perspective plus large. "Le résultat de l'incapacité des médecins généralistes à diagnostiquer une anomalie dans le rythme cardiaque est d'une part un grand nombre de patient non diagnostiqués ou mal diagnostiqués, et de l'autre un nombre beaucoup trop important de patients renvoyés vers des cardiologues." explique Connor Landgraf, PDG et fondateur de la société. L'appareil d'Eko pourrait ainsi aussi bien améliorer les capacité des diagnostics des médecins et donc le bien être des patients que de permettre un désengorgement partiel de la filière médicale dans le secteur des cardiologues. Si le prototype existant n'est pas encore fonctionnel, la société devrait être à même de le proposer dès la fin de l'année, et ce pour moins de 100 dollars. Dans la perspective de création à terme d'une base de donnée médicale publique, cette innovation pourrait bien devenir, tout comme le stéthoscope, un outil indispensable au médecin moderne.

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste