Le moteur de recherche va établir le profil moléculaire d’un corps humain en parfaite santé. L’occasion d’enrichir sensiblement sa base de données.

Google lance une vaste étude scientifique pour mieux détecter les maladies

Allonger la durée de vie des êtres humains. Voila l’une des nouvelles missions que se sont fixés Larry Page et Sergey Brin, les deux co-fondateurs de Google. Jeudi dernier, le moteur de recherche a ainsi dévoilé sa dernière initiative pour atteindre cet objectif. En partenariat avec les universités de Stanford et de Duke, il va mener une gigantesque étude scientifique, baptisée “Baseline”, qui vise à dresser le portrait moléculaire de personnes en parfaite santé. Grâce à cette “empreinte biochimique” de référence, les scientifiques de la société espèrent pouvoir détecter certaines maladies, comme le cancer, avant même que les premiers symptômes ne se manifestent. Il espèrent également prévenir des problèmes de santé, comme les crises cardiaques. Cette approche est différente des recherches actuelles, qui sont menées sur des sujets déjà malades. En outre, l’étude ne se focalisera pas sur une seule maladie: ses résultats pourront ainsi être utilisés dans de nombreux domaines de la médecine.

“Contribution à la science”

Une première phase sera menée au cours de l’été, avec seulement 175 volontaires. Elle permettra notamment d’établir un cadre de procédures à suivre, avant l’élargissement à plusieurs milliers de personnes. Les équipes de recherche recueilleront le maximum de données sur ces sujets. Elles effectueront ainsi des prélèvement de sang, de salive, de larme ou encore d’urine. Elles collecteront aussi le génome complet, l’historique génétique des parents et des informations sur la façon dont le métabolisme réagit à certains aliments et médicaments. Les volontaires porteront des capteurs permettant de mesurer leur rythme cardiaque ou leur niveau d'oxygène. Ils pourraient également être équipés du prototype de lentilles de contact connectées, actuellement en développement au sein du laboratoire Google X. La société promet que tous ces données seront anonymes. Elle assure aussi que cette étude est avant tout “une contribution à la science”. Elle n’aurait ainsi “pas vocation à générer un nouveau produit chez Google”.

Base de données de l’humain

Ce projet s’inscrit dans la lignée du lancement, en septembre 2013, de Calico, une filiale entièrement dédiée à la lutte contre les maladies et la vieillesse. Dirigée par Art Levinson, ancien patron du biochimiste Genentech, elle disposerait d’un budget de plusieurs centaines de millions de dollars. Google a aussi entrepris des initiatives plus concrètes. Dans le domaine hardware, il développe différentes formes de capteurs, qui viendront s’ajouter aux lentilles, déjà dévoilées, qui mesurent notamment le taux de sucre des diabétiques. Dans le domaine logiciel, il s’apprête à lancer sa plate-forme Google Fit, permettant de recueillir des données sportives et de santé des utilisateurs de smartphones et bientôt de montres connectées.  Si la société ne dévoile pas ses intentions, Skip Snow, analyste chez Forrester, estime que ses investissements actuels pourront facilement être monétisés. “De nombreux entreprises, comme les sociétés d’assurance, seront prêtes à payer pour accéder à la base de données de l’humain que Google veut créer”.

 

Rédigé par Jérôme Marin