L'application offre aux patients souffrant de maladies lourdes exercices et surveillance de leur constante, réduisant les allers retours entre médecins et patients.

Les maladies lourdes, que ce soit le diabète ou la maladie de parkinson impliquent pour les patients une surveillance quotidienne de certains points cruciaux dans l'évolution de leur traitement. Or les patients, aussi informés soient-ils, ne sont pas des médecins et, dans le cas de ces maladies nécessitant une surveillance constante, doivent très souvent contacter leur médecin, aussi bien pour de réels problèmes ou checkup que par anxiété, ne pouvant eux-mêmes connaître complètement leur état. Partant de ce constat, l'application uMotif présentée à l'occasion de l'événement Health 2.0 à Londres propose d'intégrer plus en avant le patient au sein de ce que Bruce Hellman, Directeur et co-fondateur d'uMotif, appelle un "système de santé digital interopérable". L'application permet ainsi au patient de se construire une structure de support, permettant d'y intégrer ses propres informations en lien avec son médecin traitant et de recevoir conseils et outils et exercices appropriés à l'évolution de leur symptômes ou de leur qualité de vie.

Une construction modulaire

L'application fonctionne selon un système permettant une interface simple tout en permettant une grande complexité et exhaustivité dans les informations traitées. Chaque utilisateur crée ainsi sa propre application à partir des blocs, des modules existants au sein du système. Il est ainsi possible de contrôler particulièrement sa qualité de sommeil, sa pression sanguine, son taux de glucose, son activité physique mais aussi grâce à la connectivité son poids par exemple. Cette application a pour but d'une part de permettre au patient d'être conscient de son état de santé mais aussi pour le médecin de pouvoir remettre les données médicales au sein de leur contexte. "Nous concentrons en moyenne 8700 heures par an sur notre bien être mais ne passons que 3h avec notre médecin, uMotif cherche à maximiser l'efficacité de ces 3h tout en permettant au patient de ne pas se sentir abandonné entre les rendez-vous avec leurs médecins." explique Bruno Hellman. En plus de pouvoir gérer l'évolution de ses constantes, le patient interagit avec l'application, dans le cas de Parkinson par exemple quelques petits jeux sont proposés permettant de tester et d'entraîner leur dextérité et leur mémoire. Enfin selon l'évolution des données nourries par le patient, l'application est notamment capable de rappeler au patient de prendre ses médicaments ou l'évolution des différents rendez-vous médicaux, répondant aux quelques 50% des patients ayant reconnu oublier de suivre leur traitement.

Un outil simple pour renforcer la structure de soin

Si l'utilité de cette application peut apparaître relativement triviale, elle répond cependant à des enjeux critiques dans le traitement médical des maladies lourdes. Ce sont ainsi plus de 800 millions de livres qui sont perdues chaque année par le NHS britannique à cause des rendez-vous manqués, tout comme 127 milliards d'euros et 290 milliards de dollars sont perdus en Europe et aux Etats-Unis de par la non adhérence aux traitement. L'intérêt ainsi de cette application tient plutôt à la concentration de nombreux outils au sein d'un même système, d'une part le patient devient partie active du traitement, et de l'autre les médecins ont accès à une information contextualisée. Déjà testée pour le diabète et la maladie de Parkinson, la plate-forme uMotif sera disponible dès 2014 au sein du NHS britannique.

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste