Une chercheuse américaine a mis au point un outil de diagnostic portable à destination des pays en développement et contribuant à l’essor d’une médecine personnalisée.

Nanobiosym délivre un diagnostic sur mobile en moins d’une heure

Alors que les tests du SIDA coûtent en moyenne 200$ et prennent deux semaines pour délivrer un diagnostic pertinent, un laboratoire américain souhaitent s’appuyer sur la technologie mobile pour accélérer ce processus et réduire son coût par 2. Nanobiosym qui a récemment reçu une dotation de plus de 525,000$ sponsorisée par Nokia pour soutenir sa montée en gamme a élaboré un processus de diagnostic ultra performant à l’aide d’une tablette connectée pouvant identifier les marqueurs de plusieurs virus dont le SIDA ou Escherichia Coli. Cette nouvelle opportunité pourrait soutenir l’essor d’une nouvelle pratique de la médecin, décloisonnée et personnalisée.

Une solution issue de la nanobiophysique

Basée à Cambridge près de Boston, Nanobiosym vise à développer des appareils médicaux à destination des pays en développement et en s’appuyant sur une approche holistique des solutions médicales.  Sa fondatrice Anita Goel, chercheuse affiliée à l’université d’Harvard défend une vision intégrant simultanément les avancées de la physique, biomédecine et nanotechnologie pour élaborer des solutions pouvant être commercialisées à l’échelle de planète entière et ayant une impact social déterminant. Une branche spécifique du laboratoire se concentre sur l’amélioration des méthodes de diagnostic, notamment pour les grandes épidémies mondiales. L’entreprise conduit actuellement un programme au Rwanda, GENE-Radar, expérimentant l’utilisation d’un appareil mobile de taille d’un iPad pouvant analyser un prélèvement sanguin ou salivaire grâce à une puce. L’appareil scanne alors en détails les fluides pour en extraire des séquences génétiques précises révélant la trace d’un virus, le diagnostic final est disponible en moins d’une heure. GENE-Radar permet ainsi d’augmenter considérablement la qualité des test effectués dans les régions reculées et souvent les plus ravagées para ce virus, ces résultats du fait de la fonctionnalité mobile de l’appareil pourraient être transmis automatiquement à des centres de recherches et autres agences de développement dans le monde.

Généraliser la médecine personnalisée

A long terme cette innovation pourrait s’appliquer à d’autres maladies, le laboratoire chercherait actuellement à nouer des partenariats avec de grands groupes et laboratoires de biotechneologie pour mettre au point des tests de marqueurs inflammatoires. L’entreprise a également plusieurs procédures de reconnaissance réglementaire, auprès de la FDA américaine notamment afin de commercialiser le GENE-Radar partout dans le monde. Plusieurs autres compagnies s’aventure dans la nanobiologie, InSilixa ou encore Silicon Bio Devices qui mettent au point des diagnostics de médecine personnalisée. Ces avancées consacrent un rapport aux soins adapté pour chaque profil de patient, selon Anita Goel le futur de la médecine ne sera pas standardisé mais au contraire passera par des traitements prenant en compte tous les marques biologiques du patient traité. Par exemple GENE-Radar identifie de potentielles allergies ou intolérances devant être prises en compte dans la mise en place d’un traitement efficace. Cette nouvelle technologie pourrait également faciliter le suivi d’épidémies, les données pouvant être stockées sur une plateforme cloud. L’entreprise envisage de travailleur sur plusieurs nouvelles générations d’outils de diagnostic intelligent, la suivante devrait se concentrer sur des appareils réduits puis devraient suivre des projets de « wearable » et solutions comestibles.