Les objets connectés viennent décidément partout, même dans la bouche. Sans qu’on comprenne véritablement pourquoi.

Plus de puissance de calcul que l’Apollo 12… pour se brosser les dents

C’est un peu la petite souris de l’ère numérique. Peut-être inspiré par le personnage, Oral-B vient de lancer une nouvelle brosse à dents qui – à travers une application associée – récompense les bons brosseurs. Des « All right! You’re great! » et des smileys en tous sens encouragent les bonnes habitudes d’hygiène bucco-dentaire. Bien sûr les utilisateurs peuvent partager leurs « performances » sur Facebook.

Au-delà de ces fonctionnalités loin d’être révolutionnaires, l’Oral-B Pro 6000 innove dans les technologies de calcul mises en œuvre. Sur le manche, des lumières indiquent ainsi le temps passé dans chaque partie de la bouche et lorsqu’il est temps de brosser ailleurs. Pour mettre en place un tel dispositif, le petit texte commercial assure qu’il a fallu « plus de puissance de calcul que le système de l’Apollo 12 ». Les prix s’en font cependant ressentir. L’Oral-B Pro 6000 est initialement vendue pour plus de 200 euros. Pas sûr donc que les consommateurs suivent pour si peu de fonctionnalités intéressantes, par-delà le buzz créé. Dans la même veine de technologies de capteurs et d’algorithmes, Kolibree a développé sa propre brosse à dents connectée. Celle-ci plus axée pour l’éducation des enfants.

En fait les brosses à dents connectées s’inscrivent dans une tendance plus large des fabricants à vouloir tout transformer en objet connecté. Dans beaucoup de cas, l’apport est réel. Dans d’autres, on cherche l’utilité. La bouilloire électrique qui programme l’eau chauffée, la télécommande qui affiche aussi le programme télé, les chaussettes connectées (pour ne plus les perdre)… Sans parler de la couche connectée.

Le pire dans tous ces projets : la technologie progresse. Les fonctionnalités sont risibles certes mais bien souvent les entreprises innovent dans les procédés : intégrer une technologie NFC (Near Fiel Communication) à une chaussette (lavable) n’est pas chose aisée par exemple. De même pour la brosse à dent connectée : les algorithmes et capteurs de mouvement nécessaires sont réellement complexes et novateurs. En d’autres mots, ça ne sert a priori à rien mais il ne faudrait pas s’arrêter à ça.

Rédigé par Guillaume Scifo