Grand Rounds, une startup créée par deux américains, veut démocratiser l'expertise médicale en livrant un diagnostic supplémentaire aux patients qui le souhaitent. Elle a récemment bénéficié d’une seconde levée de fonds de 40 millions de dollars.

Rassurer les patients avec un second diagnostic en ligne

C’est à partir d’une expérience personnelle que Lawrence Hofmann, médecin spécialisé en radiologie interventionnelle a décidé de fonder Grand Rounds avec l’aide d’Owen Tripp. Leur leitmotiv ? "Donner accès aux bonnes personnes et d'obtenir un diagnostic de qualité quand on se retrouve dans un état de santé critique", même si le spécialiste de ce problème médical se trouve à l'autre bout du pays. C'est en effet grâce à sa propre expertise que Lawrence Hofmann a pu sauver son fils d'une surexposition au bilirubine, une toxine néfaste pour le foie, puis d'une maladie de la moelle épinière. Pour soigner cette dernière, la greffe n'était normalement pas envisageable et pourtant, c’est à cette technique que le père de famille a eu recours pour guérir son fils. Que serait-il advenu si lui-même n’avait pas été médecin ? D’où son credo : la possibilité de sauver la vie de ses enfants ne devrait pas être réservée aux parents qui appartiennent au corps médical... L'idée de la startup est de donner accès aux non initiés à l'avis d'experts (ils sont plus de 1000 a collaborer avec Grand Rounds), en marge du système américain de santé.

Des services sur mesure

Tout comme Medexo en Allemagne, Grand Rounds, basée à San Francisco, offre différents services via sa plate-forme web. L'un met en relation médecins et patients en vue d'une consultation - "visits" -, un autre permet que les patients puissent bénéficier d'un avis d'expert par écrit dans les quelques jours qui suivent sa demande - 'opinions' -, et un dernier rassure les proches du patient hospitalisé puisqu'il propose au médecin en charge d'obtenir les conseils d'une sommité du domaine médical ciblé - 'stat'. Ce dernier service peut dépendre d'un forfait financé par les entreprises alors amenées à payer de 6 à 10 dollars (entre 4 et 7 euros) par mois par employé. Pour ce qui est du recours au service à titre individuel, il ne peut être inclus dans les prestations Medicare - le programme national d'assurance en santé, mais peut être remboursé par certaines assurances privées. Ce qui est préférable compte tenu du prix estimé à 7 500 dollars (5 400 euros) pour bénéficier d'un second avis.

Un réel besoin aux Etats-Unis

Dans deux cas sur trois, le recours aux experts de Grand Rounds permet un ajustement par rapport à la première prescription ou même au diagnostic. Le co-fondateur de la startup Owen Tripp parle d'un recours à des opérations inappropriées dans 40% des cas rencontrés. A en croire l'intérêt des investisseurs pour cette initiative des deux américains, les services proposés par la startup répondent à une réelle demande aux Etats-Unis. Au total, il s'agit de 51 millions de dollars (37 millions d’euros) de levée de fonds pour financer le projet. Cette volonté d'améliorer la qualité des soins dispensés aux citoyens américains relève non seulement d'un besoin mais aussi d'un sujet de société à en croire les longues tractations autour d'"Obamacare", le Patient Protection and Affordable Care Act, loi votée en 2010.

Rédigé par Lucie Frontière
Journaliste