Les projets se succèdent pour aider les personnes âgées grâce à la réalité virtuelle. Mais la technologie fait encore face à de gros obstacles.

Quand la réalité virtuelle se met à la silver économie

Et si la réalité virtuelle pouvait tout soigner ? C’est un peu le sentiment que l’on avait à la sortie des derniers Laval Virtual Days, ce jeudi 18 juin, durant lequel de nombreux projets étaient présentés tentant d’aider, voire de soigner les patients. En tête des disciplines concernées : la gériatrie. Les soins aux personnes âgées voient en effet défiler depuis plusieurs années de nombreuses initiatives pour aider les patients à vivre avec certaines pathologies. Le groupe Genious a ainsi présenté ses serious games – pas encore en immersion – pour aider les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, de Parkinson ou de troubles pour se déplacer.

« Les besoins croissent avec le vieillissement de la population et il y a actuellement un déséquilibre entre ces besoins et les outils à disposition »

Mais au-delà des jeux de Genious, plusieurs start-up tentent de marier silver économie et réalité virtuelle. Sans doute pour répondre à un problème que rappelle Evelyne Klinger lors de la conférence : « les besoins croissent avec le vieillissement de la population et il y a actuellement un déséquilibre entre ces besoins et les outils à disposition ».

La silver économie : un nouvel enjeu pour les technologies de réalité virtuelle
 

La réalité virtuelle combat les maux liés au vieillissement

La start-up Immersive Robotics veut ainsi exploiter la réalité virtuelle pour lutter contre l’isolement des plus âgés. Avec son robot assistant, la jeune entreprise a associé un casque de réalité virtuelle de façon à ce que les proches ou les aides-soignants contrôlent l’humanoïde à distance. « Le but c’est de réduire l’exclusion » insiste Laurent Boireau, président et fondateur de la start-up.

Dans un autre domaine, la Commission européenne finance le projet VERVE, un serious game comme en produit Genious mais cette fois-ci en réalité virtuelle. Son but : lutter contre les effets néfastes des maladies de Parkinson et d’Alzheimer. Des résultats positifs ont d’ailleurs déjà été constatés concernant les pertes de mémoire et de confiance en soi, si l’on en croit les médecins membres du projet.

 

Autre start-up présentée aux Laval Virtual Days : Virtualis développe des logiciels pour l’Oculus Rift. Leur objectif ? Traiter les troubles du vertige, par exemple liés au vestibule, partie interne de l’oreille. Un mal qui ne concerne pas uniquement les personnes âgés mais Franck Assaban, kinésithérapeute et président de la start-up, avoue que la majorité de ses clients sont âgés. D’où l’avantage de la réalité virtuelle pour remplacer les lourds équipements de cette pratique médicale pas toujours faciles à aborder pour des personnes âgées.

Mais de nombreux défis à surmonter

Car c’est là un des premiers enjeux de la réalité virtuelle pour les soins aux personnes âgées : convaincre les premiers concernés. « Tout le défi consiste à intégrer ces technologies chez des gens qui ne sont pas habitués à ces nouveaux outils » explique Elodie Baudry de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, partenaire de la start-up Immersive Robotics. Sans oublier les questions d’adaptation à des usages aussi changeants que ceux qu’implique la réalité virtuelle ou du cloud qu’exploitent une grande partie de projets du domaine. « Le cloud n’est pas un élément rassurant » rappelle Pedro Lucas de la société Netplus, fournisseu de logiciel cloud.

« Tout le défi consiste à intégrer ces technologies chez des gens qui ne sont pas habitués à ces nouveaux outils »

Le second défi évoqué lors des Laval Virtual Days : « passer de ce qui se fait en cabinet à la vraie vie » selon les mots Franck Assaban alors qu’Elodie Baudry souligne « Il faut tester le degré d’acceptation et l’intérêt au quotidien de ces technologies ». Des processus qui prennent donc du temps. D’autant que séduire les industriels apparaît comme le gros challenge des chercheurs et start-up du domaine. Alors même qu’une étude pointait l’an dernier les effets plus que bénéfiques des thérapies basées sur la réalité virtuelle pour les plus âgés.

Rédigé par Guillaume Scifo