Cette année, le CES comptait une toute nouvelle catégorie de start-up : l’accessibilité, autrement dit des technologies venant en aide aux individus atteints d’un handicap. Retour sur quelques initiatives innovantes cherchant à améliorer le quotidien des personnes aveugles.

La tech améliore l'expérience numérique des malvoyants à moindre coût

Fortes des récentes avancées en matière de reconnaissance vocale et de robotique, les technologies d’assistance aux personnes handicapées mûrissent. Selon BBC Research, le marché américain pour ces technologies devrait d’ailleurs passer de 43,1 milliards de dollars en 2015 à 58,3 milliards en 2020. Preuve que la tendance est grandissante, le CES avait décidé de créer cette année un espace dédié aux start-up du domaine. De l’intelligence artificielle aux smart glasses en passant par du hardware relativement « low tech », nombreuses sont désormais les initiatives centrées sur l’amélioration du quotidien des malvoyants.

Les malvoyants guidés par la voix de l’intelligence artificielle

Sur le site de L’Atelier BNP Paribas, nous présentions il y a quelques temps Aipoly, une start-up prometteuse ayant développé une application mobile à destination des déficients visuels. Aipoly se base en effet sur un système de reconnaissance visuelle dopé au deep learning pour assister l’utilisateur du smartphone au quotidien. Une fois la caméra placée sur un objet, l’application l’identifie quasi instantanément et le nomme de sorte que l’utilisateur puisse mieux appréhender son environnement. On note qu’elle fonctionne sans connection internet et peut désormais reconnaître jusqu’à 5 000 objets différents. Une innovation saluée, pour la seconde fois, par le CES. 

 

 

Des lunettes communicantes rendent possible une assistance à distance

Du côté du hardware, Aira, une start-up américaine, commercialise des smart glasses dans le but de favoriser l’indépendance des personnes aveugles. Équipé d’une paire de lunettes intelligentes (Google Glass ou encore Vuzix), l’utilisateur est guidé par une voix, bien réelle, lui décrivant avec soin son environnement. En effet, les lunettes pourvues d’une petite caméra retransmettent l’image perçue par le porteur des lunettes à un assistant, contractuel de la start-up qui devient alors les yeux de l’utilisateur. L’assistant dispose également de la géolocalisation en temps réel de l’individu. Le service, qui prendra la forme d’un abonnement, s’avère ainsi particulièrement utile pour naviguer efficacement au sein d’un supermarché ou encore pour traverser une rue bondée.

Agencement de l’interface visualisée par les assistants travaillant pour le compte d’Aira (Crédits photo : Aira)

Transformer l’expérience numérique des personnes atteintes de cécité

Dernière innovation marquante, la jeune pousse Blitab, fondée par des ingénieurs bulgares, construit quant à elle une tablette spécialement conçue pour être utilisée par des personnes malvoyantes lisant le braille. Elle rend possible la lecture et l’écriture en braille par l’action d’un liquide intelligent capable de s’agglomérer pour former des bulles et donc du relief à un endroit donné. Blitab, construite sur Android et qui se connecte par wifi et bluetooth, peut accueillir une série d’applications au même titre qu’une tablette traditionnelle.

La tablette de Blitab permet la lecture et l’écriture en braille (Crédits photo : Blitab)

Comme l’a expliqué sa cofondatrice, Kristina Tsvetanova, sur la scène TechCrunch du CES, la plupart des appareils numériques actuels dédiés aux malvoyants s’accompagnent d’un coût d’achat exorbitant et disposent de fonctionnalités limitées. Blitab entend de fait améliorer l’expérience digitale des personnes atteintes de cécité en proposant des tablettes puissantes au prix de 500 dollars.

On voit que les progrès effectués en matière d’intelligence artificielle couplés à la chute du prix du hardware sont autant de facteurs favorisant l’émergence de solutions dédiées à l’accompagnement des personnes malvoyantes. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, aujourd’hui 285 millions d’individus dans le monde souffriraient de déficience visuelle. De plus, 90% d’entre eux disposeraient de bas revenus. Développer des solutions aussi efficaces qu’abordables apparaît dès lors comme une nécessité. 

Rédigé par Pauline Canteneur