Une équipe de chercheurs chinois serait à l’origine de la découverte d’une nouvelle technologie médicale sous forme d’un film qu’il suffirait d’apposer sur la peau, capable de surveiller les constantes vitales de son utilisateur en temps réel.

Le wearable flexible restitue au patient la maîtrise de ses données

Soumis à des progrès technologiques de plus en plus appuyés, les wearables pourraient désormais se dématérialiser afin de faciliter le monitoring des constantes vitales de son utilisateur (oxygénation, température…) afin de communiquer ces mêmes données à ce dernier. Cette progression fulgurante est l’œuvre de l’équipe du chercheur chinois Ting Zhang à l’institut des nanotechnologies bioniques (SINANO). C’est un nouveau matériau, l’oxyde de graphène, un produit dérivé du graphène chimiquement modifié, qui est le principal composant de ce wearable. Sa surface ultra-flexible lui permet d’accueillir des dispositifs électroniques d'à peine quelques atomes d’épaisseur.

Le dispositif électronique est quant à lui constitué de nanotechnologies. Le film électronique, disposant de capteurs extrêmement sensibles capables de détecter les changements de pression les plus microscopiques, permet alors de suivre en temps réel les données du porteur (pouls, pression artérielle, oxygénation) et s’appose directement sur la peau, à la manière d’un pansement.

En effet, contrairement aux autres wearables (bracelet connecté, montre, Google glass etc.), l’E-skin s’éloigne de l’objet physique pour se rapprocher du pansement intelligent. Celui-ci se démarque des dispositifs existants notamment par l’ultra-sensibilité de ses capteurs et de leur précision. Un tel wearable serait potentiellement capable de donner un diagnostic en temps réel d’un patient et de permettre une évaluation immédiate de l’état de santé de celui-ci.   

Une représentation du dispositif flexible (a) et des différents tests effectués visant à démontrer son ultra-sensibilité

Au cœur des recherches de l’équipe de Ting Zhang, l’envie de remettre le patient au centre du processus médical. L’émission plus rapide de diagnostic, avec pour conséquence directe la réalisation de tests médicaux dès réception de l’évaluation, pourrait apporter un gain de temps certain aux patients comme aux praticiens. L’idée du chercheur chinois est de faire disposer aux patients toutes les informations sur leur propre santé, afin de rendre leur place d’acteurs principaux dans ce processus et de « reléguer » le médecin au statut de professionnel fournissant un service.

Le dispositif, financé par la Fondation Nationale de Sciences Naturelles de Chine et de l’Académie Chinoise des Sciences pourrait alors représenter le futur des wearables. Une évolution cruciale lorsque l’on sait que wearables visent à être intégrés dans les processus de diagnostic par les patients dans un but préventif, mais aussi par les professionnels de la santé (dans le cadre du suivi postopératoire par exemple).

Rédigé par Anthéa Delpuech