Health

Les réseaux sociaux diagnostiqueront-ils nos maux ?

  • 30 Juin
    2017

Données et analyse prédictive pourront transformer les réseaux sociaux en outils de diagnostics.

Si la médecine se numérise, le numérique en miroir de ce phénomène se médicalise. Car les données informatiques qui sont les empreintes digitales de nos navigations, fournissent de précieux indices sur notre état de santé. Les photographies publiées passent pour des symptômes potentiels de maladie physique alors que les contenus textuels des internautes passent quant à eux, pour l’annonce de futurs troubles psychologiques.

Or Facebook et les autres réseaux sociaux qui amassent un nombre considérable de données personnelles sur ses utilisateurs pourraient devenir à terme une base de données médicale bien utile dans la pose d’un diagnostic. Elle pourrait tout autant établir des modèles prédictifs des états physiques et psychologiques des individus : localisation, voyage, habitudes alimentaires, post, historique… Tout une mine d’or internationale pour analyser corps et esprits. Mens sana in corpore sano. Et, le potentiel de la plateforme est déjà là pour ça puisqu’elle est déjà capable anticiper nos comportements et prévenir le suicide. Demain, Facebook pourrait-il donc diagnostiquer le cancer d’une personne avant qu’elle n’en ressente les effets ? Se plaindre sur les réseaux d’une perte de poids, et de sueurs nocturnes, les nouveaux signes d’un lymphome ? La raideur matinale et la peau sensible, ceux d’un lupus ? Sauver davantage de vies par la prédiction, quoi de plus noble si la barrière éthique de la vie privée et du secret médical ne risquait une nouvelle fois d’être transgressée tout en renforçant sans condition l'hypocondrie des sociétés contemporaines.


Rédigé par Laura Frémy