Indispensables dans la chaîne de financement, ils ont aujourd'hui un rôle affirmé dans l'économie réelle. Toutefois, leur déploiement reste insuffisant au regard des besoins des entreprises.

2011, une année record pour les business angels en France

Les business angels se portent bien en 2011. Malgré la crise, ils ont poursuivi et même amplifié leurs actions de financement et d'accompagnement des jeunes entreprises innovantes en France. C’est ce qui ressort d'une enquête menée par France Angels auprès de l'ensemble de ses réseaux membres afin de dresser un bilan de l’activité des business angels en 2011. Ils ont ainsi conforté leur rôle majeur dans la chaîne de financement avec un soutien financier en hausse de 10% par rapport à 2010. Ces investissements deviennent de plus en plus importants compte tenu de l'absence d'autres financeurs à ce stade.

Attractivité et diversification

De plus, le nombre de business angels membres des 82 réseaux affiliés à France Angels a augmenté de 12,5%, ce qui porte leur nombre à plus de 4 000. En effet, les investissements à destination des start-up ont été plus nombreux en 2011. Les secteurs les plus accompagnés ont été les NTIC (68% dont 19% dans le e-commerce), la santé et les biotechnologies, l’énergie CleanTech, suivi par la distribution et les services (17%) et l’industrie (8%). "Avec la crise, un changement est survenu dans la manière de gérer le portefeuille financier", dit à L'Atelier Guilhem Bertholet, ancien directeur de l'incubateur de HEC Paris et entrepreneur, fondateur de welovesaas. Il constate même un phénomène de diversification des investissements. Le monde des start-up est devenu attractif pour les business angels. "Il y a en effet moins de risque à investir dans une ou plusieurs start-up, et cela vaut le coup en cas de revente" ajoute-t-il.

Une culture entrepreneuriale à bâtir

Alice Zagury, chef de projet au Camping, tempère toutefois cet enthousiasme. Elle relativise la signification d’une approche purement statistique, surtout au moment où il y a de la défiscalisation. "La France est en retard dans la compréhension des enjeux par rapport aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à l'Allemagne," nous dit-elle. En France, il y a un effet générationnel de passage de témoins. Et d'ajouter que "la vraie richesse se construira dans le temps d'ici à cinq ans. On aura une évolution avec l'implication de ceux qui ont réussi et qui ont l'expérience du financement, envers ceux qui sont en train de se construire aujourd'hui".