Un sondage réalisé à l’occasion du 22e salon des entrepreneurs de Paris révèle un intérêt certain des particuliers et entreprises françaises pour le financement participatif, pratique encore jeune mais déjà en vogue.

7% des Français ont déjà contribué à une collecte en crowdfunding

D’après un sondage mené par l’Institut Think à l’occasion du 22e Salon des Entrepreneurs de Paris, les deux tiers des Français connaissent le crowdfunding et 7% d’entre eux disent avoir déjà donné, prêté ou investi de l’argent sur une plateforme de financement participatif. Toujours selon ce sondage, les projets les plus enclins à être soutenus par les Français sont, dans l’ordre, le soutien d’une entreprise de proximité, un projet caritatif, social ou solidaire, et la création d’un nouveau produit ou service. Ainsi, le financement participatif est vu par les français comme un moyen de soutenir des projets qui leur tiennent à cœur, davantage que comme un moyen de gagner de l’argent.

© Institut Think


Un complément au financement bancaire

De leur côté, trois dirigeants de TPE-PME sur quatre savent ce qu’est le crowdfunding, et un tiers se disent prêts à financer leur développement sur une plateforme de prêt rémunéré. Ils y voient notamment l’opportunité de financer des projets qui suscitent une réticence de la part des acteurs bancaires classiques, et plébiscitent l’absence d’exigence de garantie ou de caution personnelle caractéristique de ces plateformes. C'est enfin pour eux un bon complément à un financement  bancaire plus traditionnel : ce dernier n’est donc pas l’ennemi du crowdfunding, mais plutôt son complément. « De très nombreuses entreprises peinent à trouver des financements, et le crowdfunding permet d’injecter des millions d’euros dans l’économie réelle. » affirme ainsi Vincent Ricordeau, fondateur de KissKissBankBank, l’un des pionniers français du financement participatif. Certains entrepreneurs demeurent réticents à recourir au crowdfunding, effrayés notamment par l’idée de devoir rendre des comptes régulièrement à une multitude d’actionnaires (dans le cas des plateformes avec prises de participation), et de mettre au jour leur projet de développement avant sa mise en chantier.

© Institut Think


Des fans finançant leurs artistes aux prêts inter-entreprises

Depuis Sellaband, la première plateforme de financement participatif lancée Outre-Rhin en 2006 à destination des musiciens, les acteurs font florès. Le Français My Major Company  proposait de « prendre des parts » d’un artiste : en contrepartie de leur don, les internautes étaient rémunérés sur les ventes de l’album. Mais le modèle a évolué et  les plateformes ont élargi leurs projets ainsi que leur fonctionnement. Elles proposent désormais pour la plupart aux internautes de financer un projet artistique ou innovant, moyennant une récompense d’ordre symbolique ou affectif proportionnelle à la somme versée : cela peut être un album dédicacé, la mention du nom dans les crédits (pour un film ou un documentaire), une invitation au vernissage, l’accès au produit en avant-première… Les leaders mondiaux sont américains, et se nomment Kickstarter ou Indiegogo, mais aussi français.  En quatre ans d’existence, KissKissBankBank a permis à près de 500 000 anonymes de financer plus de 10 000 projets, avec un total de 26 millions d’euros collectés. Avec le décret sur le financement participatif, entré en vigueur à l’automne 2014, de nouvelles plateformes permettant aux particuliers de prêter aux entreprises contre rémunération sonnante et trébuchante ont éclos en France, comme Lendopolis (lancé par les fondateurs de KissKissBankBank) ou encore Lendix. En attendant une éventuelle mesure qui autoriserait les entreprises à prêter directement aux entreprises, projet qui figure dans la loi Macron actuellement débattue à l’assemblée.
 

Rédigé par Guillaume Renouard