Grâce à la cession au printemps prochain de la moitié de sa participation dans GEC-Alsthom et au dividende exceptionnel que celui-ci lui versera, Alcatel Alsthom aura les moyens de financer "l'offen...

Grâce à la cession au printemps prochain de la moitié de sa participation dans GEC-Alsthom et au dividende exceptionnel que celui-ci lui versera, Alcatel Alsthom aura les moyens de financer "l'offensive technologique" lui permettant de gagner la bataille des télécommunications. Toutes les cessions réalisées au cours des dix-huit derniers mois ont permis d'assainir la structure financière du groupe. Consultant à l'Institut de l'audiovisuel et des Télécoms en Europe (Idate), François Kornmann estime "tous les acteurs mondiaux ont la même stratégie : Siemens se désengage de la défense, Nokia du papier, des téléviseurs et de l'informatique. Les secteurs des télécommunications sont très consommateurs d'investissements en terme à la fois de recherche et de production". Cependant la concurrence est rude. Ainsi "Le marché stagne dans les pays développés. Et dans les pays en voie de développement la concurrence oblige souvent à vendre à perte" sur son métier traditionnel, la commutation publique. Serge Tchuruk, son PDG, déclarait récemment que sur les nouveaux créneaux porteurs comme Internet, téléphonie mobile, transmission de données "les nouveaux concurrents d'Alcatel sont des star-ups", visant en particulier des sociétés jeunes, agressives, en pleine croissance comme Cisco, 3 Com, Bay Networks ou bien encore Newbridge. François Kornmann, pour sa part, indique que dans la téléphonie mobile "Alcatel a comblé en partie son retard puisqu'il est aujourd'hui dans le deuxième groupe de constructeurs à côté de Siemens et Nortel. Mais il est encore derrière le trio de tête que forment Nokia, Ericsson et Motorola". De plus, son principal client, France Télécom "se tourne en partie vers un autre fournisseur, Matra Ericsson. En outre, France Télécom a réduit ses investissements depuis 3-4 ans. L'arrivée de nouveaux opérateurs offre des opportunités à Alcatel, mais ne permet pas de compenser en totalité ce manque à gagner", Alcatel va donc devoir redéfinir les relations avec ses clients. (Le Figaro - 05/12/1997)