France Télécom, après avoir relevé les tarifs de sa télécarte (1 F la minute pour la carte de 50 unités) va pouvoir taxer l’utilisation des cartes téléphoniques concurrentes. A partir du 1er novem...

France Télécom, après avoir relevé les tarifs de sa télécarte (1 F la minute pour la carte de 50 unités) va pouvoir taxer l’utilisation des cartes téléphoniques concurrentes. A partir du 1er novembre, les opérateurs privés devront en effet payer 25 centimes à France Télécom pour chaque minute d’appel passé dans ses cabines avec leurs cartes. Ce “droit d’interconnexion” va obliger la concurrence à relever ses tarifs très favorables jusqu’ici aux consommateurs. Rafic Abou-Fadel, le président de Ténor, l’organisation regroupant les principaux opérateurs de télécommunications en France, vendeur lui-même des cartes Kast Telecom, s’insurge “c’est du racket! Si les cabines coûtent cher à France Télécom, c’est son problème. Cette décision va pénaliser à la fois les opérateurs et les consommateurs. Cela remet en cause l’existence même de la concurrence des cartes prépayées”. La plupart des opérateurs concernés (Kertel, Intercall, Kosmos, Omnicom …) vont devoir répercuter ce coût supplémentaire sur leurs tarifs, ce qui équivaut, selon Rafic Abou-Fadel, à une augmentation d’au moins 25 % du prix payé par les utilisateurs. Alors que les opérateurs privés étaient prêts à payer jusqu’à 10 centimes, France Télécom voulait appliquer au départ une taxe de 46 centimes. Dans une décision officielle du 9 juin, l’ART a coupé la poire en deux. Pierre-Alain Jeanneney, directeur général de l’ART, précise “cette décision a été mûrement réfléchie et a été prise après un an de discussions. Nous avons tenu compte des coûts réels de France Télécom: le tarif fixé est entièrement justifié. Les opérateurs concernés ne sont pas pris par surprise: ils ont cinq mois pour adapter leur structure tarifaire”. France Télécom actuellement ne touche rien sur les appels passés sur les cartes de ses concurrents, utilisées de plus en plus dans les cabines, au détriment de la traditionnelle télécarte. L’opérateur public justifie “il est normal de payer l’accès à la ligne et le coût d’entretien du réseau”. (Le Parisien 9/07/1999)