Finalement, il suffisait de demander. Patrick Devedjian, ministre français de l’Industrie, réclamait le 19 mai dernier une ouverture du marché à la concurrence : il appelait les trois opérateurs...

Finalement, il suffisait de demander. Patrick Devedjian, ministre français de l’Industrie, réclamait le 19 mai dernier une ouverture du marché à la concurrence : il appelait les trois opérateurs français à assouplir leur position et à permettre à de nouveaux opérateurs d’utiliser leurs réseaux cellulaires pour proposer leurs services aux consommateurs. A peine un mois plus tard, SFR annonce son accord (d’une durée de neuf ans) avec le premier MVNO ou opérateur virtuel (Mobile Virtual Network Operator) du marché français. Il s’agit de Debitel, une société allemande de commercialisation de services mobiles. Selon les termes de l’accord signé entre les deux acteurs, Debitel commercialisera sous sa marque des services de téléphonie mobile auprès de clients particuliers et d’entreprises en fournissant ses propres terminaux et cartes SIM, mais aussi en définissant librement ses tarifs, en assurant la facturation et le service client, et en offrant à ses clients l’accès à son propre portail de services. Debitel utilisera simplement les infrastructures de SFR pour acheminer les communications de ses clients, immédiatement sur le réseau GSM/GPRS, puis sur le réseau UMTS. Le tarif demandé par SFR pour cette exploitation n’a pas été communiqué. En dépit d’un nom qui n’inspire pas franchement une grande attractivité, Debitel proposera en juillet plusieurs forfaits intéressants, compris entre 25 euros ( pour deux heures de communications) et 64 euros (pour huit heures). Au-delà des heures forfaitaires, la minute de communication coûtera 25 centimes d’euros. En outre, Debitel vise les petits utilisateurs de portables en lançant un « forfait au compteur ». L’expression désigne un mode de facturation spécifique : 17 euros par mois d’abonnement + un paiement à la minute de 17 centimes d’euros. Selon les porte-paroles de Debitel, la formule connaît déjà un grand succès en Allemagne. Et le fameux SMS, qui aura fait couler tant d’encre (et ce n’est certainement pas terminé) ? Debitel annonce « un tarif de 9 centimes d’euros, accessible à tous sans condition ».
Le Groupe Debitel compte aujourd’hui plus de 10 millions de clients et a enregistré près de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2003. Implanté en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark et en Slovénie, il est présent en France où il emploie quelque 400 collaborateurs et dispose de 80 boutiques. (Atelier groupe BNP Paribas – 11/06/2004)