Une bonne utilisation du télétravail et une généralisation de la télémédecine passent par le déploiement d'un réseau large bande à grande échelle. Des investissements qui permettront à terme des économies importantes.

En Australie, la mise en place d’un réseau haut-débit national facilitera le développement du télétravail et celui de la télémédecine. Permettant des économies consubstantielles. C’est ce qu’affirment deux rapports réalisés par Access Economicspour le gouvernement australien. Le premier explique qu’un tel réseau donnerait aux employeurs comme aux salariés une certitude sur la capacité technique de ces derniers à effectivement gérer des projets à distance. Les chercheurs rappellent en effet que, jusque là, l’absence de fiabilité des réseaux Internet pose des problèmes de productivité importants. Selon eux, l’intérêt d’une connexion large bande tient aux différents outils qu’elle rendrait accessibles, comme la vidéoconférence ou la mise en place de bureaux virtuels collaboratifs. Enfin, la mise en place d’un réseau haut-débit national permettrait d’étendre le champ d’utilisation du télétravail à des secteurs qui en étaient jusqu’ici exclus, comme l’industrie.

Plus d’un milliard de dollars économisés tous les ans

Pour les chercheurs, cela donnera la possibilité de contrôler à distance le bon fonctionnement d’usines de productions, par exemple. D’après le rapport, le jeu en vaut la chandelle : en considérant le scénario où un dixième de la population du pays télé travaille la moitié du temps, les économies réalisées seraient de plus d’un milliard de dollars par an. Le second rapport démontre que le haut-débit aurait un impact également bénéfique pour le développement de la télémédecine. En effet, à l’heure actuelle, seuls quelques hôpitaux et institutions sont équipés d’une connexion suffisante à la mise en place d’un tel service. Un réseau à l’échelle nationale permettrait d’inclure les petits hôpitaux, les centres médicaux, les cabinets et les foyers individuels. C’est d’autant plus important que l’Australie dispose d’une des populations les plus éparses au monde, comme le rappellent les auteurs.

Télémédecine : le haut débit nécessaire mais pas suffisant

Par ailleurs, le réseau actuel qui équipe les zones urbaines pose des problèmes de fiabilité, et la vitesse de téléchargement de données vers les serveurs y est beaucoup plus lente que le téléchargement depuis un serveur. Deux phénomènes qui constituent une barrière à la mise en place d’un service de télémédecine. Un troisième rapport sur le même sujet, cette fois directement édité par le gouvernement australien, confirme cette idée tout en insistant sur le fait que la mise en place d’un réseau national ne saurait suffire au succès de la télémédecine. Selon ses auteurs, il convient d’avoir une approche coordonnée impliquant tous les acteurs pour s’assurer que les services proposés soient interopérables et que l’utilisateur final reste au cœur du projet. Là aussi, le succès peut rapporter gros aux institutions concernées : les auteurs du second rapport estiment à près de 750 millions de dollars par an les économies réalisées grâce à la télémédecine.