La bande passante est la capacité de débit des réseaux. Internet et les autoroutes de l'information accueillant à la fois du téléphone, des données, des images et du son. elle devient aujourd'hui in...

La bande passante est la capacité de débit des réseaux. Internet et les autoroutes de l'information accueillant à la fois du téléphone, des données, des images et du son. elle devient aujourd'hui indispensable. Des sociétés spécialisées dans la production de capacités à traiter les informations sur la bande passante font ainsi leur apparition. On assiste également à l'arrivée des premiers "comptoirs" de négociation dédiés à la fixation du prix de la minute de téléphonie. Certaines grandes maisons de courtage vendront, d'ici six ou douze mois, de la bande passante comment elles vendent aujourd'hui d'autres matières premières. Une société américaine Pulver.com a déjà réservé quelques pages de son site Web à la publication de cours "spot" de la minute de téléphonie Internet. Les parties concernées, devenues membres de cette Bourse virtuelle, peuvent vendre et acheter des minutes de téléphonie selon les règles en matière de courtage et selon le principe du market making donnant droit à la perception de commissions sur les transactions réellement conclues. Une autre société new-yorkaise, Arbinet, n'hésite pas à se baptiser le Nasdaq des communications, assurant non seulement les négociations, mais aussi le règlement-livraison de la matière première ainsi qu'un certain nombre de prestations de services. Directeur de la recherche technologies de l'information chez Hambrecht & Quist Euromarkets, Jean-Pierre Gérémy tente d'expliquer cette explosion de la bande-passante "avec la déréglementation débutée en 1984 aux Etats-Unis puis en 1998 en Europe occidentale, le secteur des télécommunications a vu d'abord les coûts de la minute de téléphone baisser, puis le volume du trafic augmenter". Il faut y ajouter la naissance de nouveaux services et la migration de la valeur ajoutée d'un service de base dédié à la voix vers un service sophistiqué orienté vers le transport de données comme les fichiers, les images ou encore la vidéo. Selon la société californienne RateXchange, spécialisée dans la négociation de minutes de téléphone et de bande passante sur le Web, 40 % du trafic sera constitué en 2004 par des données, contre 18 % en 1998. En revanche, représentant aujourd'hui 78 % du trafic, le transport de la voix chutera à 30 % en 2004. Selon BancBoston Robertson Stephens, le développement d'Internet fait que la demande en bande passante pour le réseau des réseaux croît en Europe annuellement de 200 %. Augmentant actuellement de 100 % par an, le commerce en ligne permet de mettre à la disposition d'une clientèle potentielle un volume d'informations et de services qu'aucun magasin physique ne peut fournir. L'explosion des galeries commerciales et des sites de commerce électronique a généré une demande supplémentaire en bande passante. L'élargissement du public visé à travers la mise de place de boucles locales constitue aussi un autre facteur d'explosion. Christine Naime, analyse en charge des télécoms chez BancBoston Robertson Stephens précise qu'aujourd'hui "certaines technologies, intéressantes en termes de coûts, sont porteuses de grands espoirs pour relier le "dernier kilomètre" au reste du réseau téléphonique". Le téléphone mobile enfin va permettre de transporter de plus en plus d'informations, contribuant aussi à amplifier la demande en bande passante. La société WRQ édite un logiciel permettant aux internautes d'économiser leur bande passante en supprimant notamment les publicités. Aujourd'hui, plusieurs technologies de gestion de la bande passante existent et se développent. La société Allot Communications économise les réseaux. (Dossier de trois pages - La Tribune - 14/01/1999)