Depuis l'ouverture dans les Etats de l'Union du marché des télécoms le 1er janvier 1998, plusieurs centaines de nouveaux opérateurs ont fait leur apparition. Partout ou presque, soumis à une rude ...

Depuis l'ouverture dans les Etats de l'Union du marché des télécoms le 1er janvier 1998, plusieurs centaines de nouveaux opérateurs ont fait leur apparition. Partout ou presque, soumis à une rude concurrence, les tarifs des communications longue distance et internationales ont baissé. Selon Dominique Lancrenon, directeur général de MCI-WorldCom France "il faut être au minimum 20 % moins cher que l'opérateur historique. Mais surtout accroître d'au moins 20 % la valeur ajoutée en termes de services client, facturation, accueil". Certains marchés européens ont progressé plus rapidement que d'autres. Didier Pouillot, directeur à l'Idate explique "en dehors de la Suéde et du Royaume-Uni qui étaient déjà en avance, c'est en Allemagne que cette concurrence a eu le plus d'effet : fin 1998, Deutsche Telekom a perdu plus de 30 % de parts de marché longue distance et international. Chez nous, France Télécom n'a cédé que 5 %. Principale raison à ce décalage : outre-Rhin, les nouveaux entrants ont bénéficié de la préselection qui permet aux abonnés de ne pas modifier leur numéro de téléphone lorsqu'ils changent de fournisseur. Il leur suffit de se déclarer auprès de ce dernier en tant que nouveau client. L'opérateur contacte alors Deutsche Telekom pour que les appels soient transférés automatiquement. En France, l'attribution des préfixes bouleverse la concurrence au profit de France Télécom". Dominique Lancrenon estime pour sa part que la bonne résistance de France Télécom vient aussi de ce qu'il est "un opérateur de premier plan. Ce qui place la barre très haut". Les nouveaux opérateurs privés se sont développés, dans la plupart des pays européens, avec le "reroutage". En France, cette activité se heurte à la politique tarifaire très agressive de France Télécom. Le plus souvent, les opérateurs alternatifs louent l'interconnexion aux réseaux publics et la fibre optique nue à des transporteurs. Khaled Zourray de l'Idate constate que ces sociétés "perdent presque toutes de l'argent et ont rarement atteint les objectifs qu'elles s'étaient fixés pour 1998". Selon lui, 1999 devrait toutefois être en France "l'année du décollage de la concurrence" avec l'offre de nouveaux services au client, la convergence de la téléphonie fixe et mobile, la téléphonie sur Internet au prix de la communication locale, etc. "tout cela requiert plus d'imagination. Le problème, c'est que les marges baisses, alors que le ticket d'entrée sur ce marché ne cesse de s'élever". Le nouvel enjeu pour 2000 est la maîtrise de la boucle locale en remplaçant, par exemple, les infrastructures traditionnelles de réseaux par des procédés radio pour relier l'abonné. L'ART a autorisé cette année en France une quinzaine d'expérimentations en vue de définir un schéma futur d'appel à candidatures. Le marché allemand compte aujourd'hui plus de 50 opérateurs. Les consommateurs avertis profitent de cette concurrence féroce. La Grande-Bretagne compte une multitude d'opérateurs privés depuis la fin du monopole en 1984 de British Telecom. Les principales bénéficiaires de l'effondrement des tarifs sont les entreprises. En France, les entreprises françaises sont face à 54 opérateurs privés. Bien qu'elles soient les grandes bénéficiaires de l'ouverture du marché des télécoms, ce n'est pas toujours facile pour elles de choisir un nouvel opérateur. (Dossier de trois pages - La Tribune - 23/02/1999)