Vendredi soir s'est achevé le Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI). Trois jours durant, ce sommet, qui a réuni les représentants de 175 pays (dont 60 chefs d'Etat) à Genève, aura ...

Vendredi soir s’est achevé le Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI). Trois jours durant, ce sommet, qui a réuni les représentants de 175 pays (dont 60 chefs d’Etat) à Genève, aura été l’occasion de soulever un certain nombre de questions quant au développement de l’Internet. Si les acteurs se sont globalement entendus sur l’importance de la lutte contre la pornographie, la pédophilie et le spamming en général (pourriels : courriels électroniques non sollicités), il en a été autrement des questions de réduction de la fracture numérique, et du contrôle de l’Internet.

Comme l’a exprimé Kofi Annan, cette conférence « se penche sur la meilleure façon d’utiliser un atout mondial ». Si tous les acteurs semblent s’accorder sur la nécessité de généraliser l’utilisation d’Internet dans le monde (rappelons qu’aujourd’hui, les 9/10èmes de la population mondiale n’ont pas accès à l’Internet), il en va autrement des moyens à mettre en œuvre pour réduire le fossé numérique.

Plusieurs pays africains ont défendu l’idée de créer un fonds spécifique destiné à limiter la fracture numérique entre pays riches et pauvres, refusée en bloc par plusieurs pays occidentaux, qui y préféreraient une solidarité sur la base de fonds déjà existants. Finalement, les acteurs du SMSI ont approuvé la création d’un Fonds alimenté par les pays, municipalités, ONG… qui le souhaitent.

En marge du sommet, plusieurs voix de contestation se sont fait entendre. La plus remarquée a sans doute été celle de Reporters Sans Frontières (RSF) qui, exclue du sommet, a créé une radio pirate baptisée « Radio non grata », destinée à « faire connaître les atteintes à la liberté d’expression commises par de nombreux Etats participants au Sommet ». RSF a notamment mis en cause la Tunisie, la Chine, le Vietnam, Cuba… Amnesty International a également élevé la voix pour dénoncer la répression des dissidents qui utilisent Internet dans les pays autoritaires et la présence au SMSI de pays qui continuent d’emprisonner des internautes.

Finalement, si Genève a permis de jeter les bases d’un processus mondial de réflexion sur Internet, les pays et organisations ont encore du travail pour préparer la deuxième phase du sommet qui se tiendra à Tunis en 2005 : c’est autour de la question de la réglementation d’Internet, qui relève aujourd’hui de l’ICANN, l’organisation mondiale des adresses Internet, que les pays participants risquent de se déchirer. La France s’est déjà exprimée sur ce point, en plaidant pour un « code universel » de réglementation de l’Internet élaboré par l’ONU, et assurant un équilibre entre protection des consommateurs et liberté du commerce.

( Atelier groupe BNP Paribas – 15/12/2003)