Le groupe Bouygues, sauf surprise de dernière minute, devrait devenir l'actionnaire majoritaire de Bouygues Télécom, en exerçant seul son droit de préemption sur la participation de 20 % mise en v...

Le groupe Bouygues, sauf surprise de dernière minute, devrait devenir l'actionnaire majoritaire de Bouygues Télécom, en exerçant seul son droit de préemption sur la participation de 20 % mise en vente par Cable & Wireless. Les actionnaires de Bouygues Télécom ont jusqu'à demain pour exercer ou non leur droit de préemption. Les deux actionnaires Telecom Italia et JC Decaux ont fait part de leur décision de ne pas préempter leur part. De plus, selon certains observateurs, il est peu probable que le groupe allemand Veba, actionnaire à hauteur de 17,5 % de Bouygues Telecom, augmente sa participation. De même, Banexi et Paribas ne souhaitent pas aller au-delà de leurs participations respectives de 3,5 et 3 %. Les 20 % de Cable & Wireless, acquis pour 7 milliards de F environ, seront financés par l'appel au marché annoncé le 10 juin dernier d'un montant de 1 milliard d'euros. La montée en puissance de Bouygues dans sa filiale va augmenter sensiblement les pertes de la branche télécoms dans les comptes consolidés du groupe de BTP (1,8 milliard de F sur 1999 au lieu de 1,3 milliard). Les premiers bénéfices sont attendus pour 2001. Il faudra d'ici là financer l'accroissement du nombre d'abonnés sur un marché très concurrentiel. Selon les derniers chiffres publiés par l'ART, Bouygues Télécom réalise les meilleurs taux de progression : + 6,4 % en mai, + 57 % sur les six premiers mois de l'année, contre + 4,3 % et + 34 % pour Itinéris et + 3,6 % et + 33 % pour SFR. Toutefois, avec 1,82 million d'abonnés, le réseau de Bouygues Télécom reste loin derrière le leader itinéris (6,68 millions) et SFR (4,99 millions). Les actionnaires de l'opérateur vont devoir en outre financer la transition du réseau vers la troisième génération de téléphonie mobile prévue en France pour 2000 ou 2001. Les dirigeants de Bouygues Télécom ont annoncé leur intention de demander une licence d'exploitation. Une introduction en Bourse est envisagée en 2000 pour mener ces développements; (La Tribune - 18/06/1999)