Lors d’une catastrophe majeure, la durée d’intervention des premiers secours est souvent critiquée. L’utilisation de brassard électronique et non papier pourrait faciliter ces interventions.

Les brassards électroniques accélèrent la prise en charge des victimes d’accidents

La première mission des équipes d’intervention médicale, dans le cas d’un accident ou d’une catastrophe naturelle, est de classer les victimes en fonction de la sévérité de leurs blessures.  Ce « triage » s’effectue actuellement au moyen d’étiquettes colorées sur lesquelles les soignants inscrivent, à la main, le pouls ainsi que le rythme respiratoire de la victime. Or, bien que très utile, cette technique de saisie manuelle ne permet pas de mettre à jour les informations et les étiquettes résistent mal aux caprices climatiques. Les chercheurs de l’institut de Fraunhofer pour la technologie de l’information appliquée (FIT) sont donc en train de développer un système de e-triage permettant de localiser les blessés et de transmettre, en temps réel, leurs constantes vitales à un centre de contrôle. A la place des étiquettes, ce sont des brassards en plastique lumineux qui informent de l’état de santé des blessés.

Un projet ambitieux

C’est à la suite de ce constat que, le projet « Bridge »  a vu le jour en avril 2011. Son objectif est d’améliorer les soins médicaux en optimisant la gestion des secours ainsi que l’efficacité des équipes médicales durant les catastrophes. Car en effet la communication entre les différentes équipes d’intervention médicale sur place est primordiale : plus la coordination est fluide, plus le nombre de victimes sauvées sera important. Pour cela, les brassard lumineux comportent notamment un capteur GPS, une puce RFID ainsi qu’un composant permettant de communiquer avec le système informatique central. Les informations peuvent ainsi être transmises par un réseau radio baptisé ZigBee mais aussi par l’intermédiaire du réseau local sans fil ou encore du réseau cellulaire. Les données sont ensuite présentées sur une tablette ou un smartphone et permettent alors aux coordinateurs des opérations d’avoir une vision précise de la situation au sol. Les sauveteurs peuvent alors agir en toute connaissance de cause et prendre les décisions qui s’imposent.

Des résultats engageants

« Avec ce système de e-triage, une personne grièvement blessée classée dans la catégorie rouge est recensée dans les 30 secondes et peut être évacuée immédiatement. Avec la méthode classique, d’étiquettes en papier, il faut souvent 30 minutes pour que la victime soit évacuée » précise Erion Elmasllari, scientifique au FIT. Les chercheurs ont par ailleurs déjà pu tester la fiabilité de ce système, en octobre dernier, au cours d’une simulation d’attaque terroriste en Norvège où le e-triage aurait parfaitement fonctionné. Le prochain test se déroulera, durant deux mois, au sein d’une organisation humanitaire. Les chercheurs devront alors démontrer que le e-triage permet réellement de sauver plus de vies humaines.