Sénateur de l'Utah, Robert Bennett, président de la commission spéciale d'enquête parlementaire ayant rendu son premier rapport sur l'état du monde face au Y2K, connu chez nous sous le nom de "bug d...

Sénateur de l'Utah, Robert Bennett, président de la commission spéciale d'enquête parlementaire ayant rendu son premier rapport sur l'état du monde face au Y2K, connu chez nous sous le nom de "bug de l'an 2000", déclare "ce ne sera pas l'Apocalypse. Mais chacun ferait bien de se préparer au choc". Le diagnostic de cette étude de 160 pages, classée "confidentielle", est plus inquiétant que l'on ne s'y attendait. Christopher Dodd, vice-président de la commission explique "il faut récuser la panique de ceux que j'appelle les millénaristes du Y2K".. Des dizaines de milliers de ces millénaristes aux Etats-Unis ont déjà commencé leur exode vers des camps retranchés où sont stockés nourriture et armes en prévision du chaos que la paralysie du pays entraînera, selon eux, suite au blocage des systèmes informatiques. Mais le sénateur Dodd rajoute "il faut également récuser ceux qui affirment qu'il ne se passera rien du tout. Nous avons un vrai problème ....". Se voulant rassurant, les deux sénateurs comparent les effets probables du bug à "ceux d'une grosse tempête de neige qui vous coince deux ou trois jours chez vous". Le mot d'ordre est de "se préparer, sans paniquer" en faisant des stocks d'eau, de conserves et autres produits ainsi qu'en conservant chez soi un peu de liquide. A cet effet, la banque centrale américaine a prévu d'imprimer pour 200 milliards de dollars de billets en plus. Tandis que le "monsieur Y2K" de la Maison Blanche, John Koskinen assure que le gouvernement fédéral américain "a sécurisé 79 % de ses systèmes critiques", le rapport du Sénat estime que "le bug aura très probablement un impact sérieux en Amérique latine, en Asie et en Afrique, avec des conséquences imprévisibles". John Koskinen confirme "nous sommes assez inquiets. Un grand nombre de pays n'ont pas fait grand chose pour se préparer. Certains n'y ont pas cru, d'autres semblent avoir décidé d'attendre de voir ce qu'il va se passer et de résoudre les problèmes quand ils apparaîtront, une stratégie extrêmement dangereuse". Ainsi, l'Allemagne, le Japon, la Chine et le Mexique auraient pris 9 à 24 mois de retard. Le rapport du Sénat affirme que le risque de chaos au niveau mondial "est réel" et provoquera "des difficultés économiques qui entraîneront des troubles dans certains régions". Selon Robert Bennett "mon cauchemar, ce sont des images sur CNN de villes sans électricité, sans téléphone, de banques et de magasins fermés et d'émeutiers dans les rues". Coordonnant le programme de lutte contre le Y2K, James Bond (si, si c'est véritablement son nom) cite une étude récente de 139 pays hors Europe et Etats-Unis. 54 d'entre eux ont mis en place des programmes de préparation, 21 à peine ont pris des mesures concrètes et 33 déclarent n'avoir rien fait. Octroyant des "prêts Y2K" aux pays demandeurs, la banque estime "il n'est plus possible maintenant de tout réparer avant l'an 2000". Selon certains experts, le Y2K peut affoler les systèmes informatiques contrôlant le déclenchement des alertes nucléaires. En conclusion, John Koskinen déclare "le risque de panique irrationnelle est en fait une des principales menaces que pose le Y2K. Mais certains feraient bien de paniquer un peu plus ....". (Libération - 12/03/1999)