Cabletron, quatrième fabricant mondial de matériel de réseaux informatiques derrière Cisco, 3Com et Bay Networks, change une nouvelle fois de patron. Ayant repris la tête de la société il y a un a...

Cabletron, quatrième fabricant mondial de matériel de réseaux informatiques derrière Cisco, 3Com et Bay Networks, change une nouvelle fois de patron. Ayant repris la tête de la société il y a un an en pleine tempête, son cofondateur Craig Benson laisse la place à Piyush Patel, l'actuel patron de la recherche et de la technologie, alors que l'horizon semble à nouveau s'éclaircir. John d'Auguste, patron mondial des ventes, explique "il y a deux ans, la société a cessé de grandir, nous n'avons pas anticipé le passage du marché vers la technologie des routeurs et nous avions d'un coup 800 millions de dollars, soit 50 % de nos ventes, avec un matériel devenu obsolète. De plus, nos vendeurs ne savaient vendre qu'aux techniciens et n'avaient pas l'habitude de s'adresser aux patrons informatiques ou aux PDG, comme le fait Cisco". Après des ventes en 1998 en baisse de 2 %, l'exercice 1999 clos en février dernier a enregistré un chiffre d'affaires de 1,41 milliard de dollars, soit une faible croissance de 2,5 % (contre plus de 17 % pour l'ensemble du marché) et une perte nette de 245 millions de dollars. Toutefois, les changements opérés depuis un an semblent porter leurs fruits. Avec l'achat de la jeune société Yago, Cabletron s'est doté de la dernière technologie dite "niveau 3". Mi-commutateurs, mi-routeurs, ces machines assurent des performances supérieures aux routeurs traditionnels pour un prix très inférieur. Selon une enquête du cabinet d'analyses Dell'Oro, Cabletron s'est octroyé plus de 30 % du marché devant Nortel et Cisco. Par ailleurs, la société s'est développée dans les logiciels avec un produit de gestion des réseaux disputant la première place mondiale à Hewlett-Packard dans les services d'intégration. Enfin, Cabletron va, comme ses concurrents, sous-traiter entièrement sa fabrication. Ayant retrouvé son dynamisme, la société est de nouveau attractive pour les analystes. (Les Echos - 7/06/1999)