Qu’il s’agisse d’échanger de manière fluide avec ses clients et prospects ou de permettre à ses employés d’accéder à des données internes à l’entreprise de manière efficace, les bots vont transformer notre manière de travailler. Et les start-ups du Y Combinator ne semblent pas nous démontrer pas le contraire !

Y Combinator : la révolution des bots est en marche

Les annonces faites lors du récent F8 n’ont fait que confirmer une tendance déjà bien ancrée. Les chatbots – ou robots conversationnels - sont aujourd’hui de véritables outils marketing à disposition des entreprises, qui facilitent la création d'interactions personnalisées entre les marques et les internautes - et mobinautes - mais aussi qui aident les employés de l'entreprise eux-mêmes à travailler plus efficacement.

Ces robots sont dotés d’intelligence artificielles capables de converser avec les clients d’une entreprise au sein d’une application de messagerie. En fonction des fonctionnalités ajoutées par les développeurs, les bots peuvent également proposer du contenu, enregistrer des paiements ou des fiches clients, en somme se transformer en de véritables assistants personnels pour l'utilisateur, qu'il soit client ou employé de l'entreprise.

Au second semestre 2015, Les applications de messagerie ont dépassé les réseaux sociaux en nombre d’utilisateurs actifs. Un signe fort qui invite les marques à adapter leur stratégie marketing aux usages de leurs consommateurs. C’est ici qu’entrent en jeu les chatbots.

Les bots plus forts que les applis ?

Le nombre d'utilisateurs d'applications de messagerie a dépassé celui des réseaux sociaux (Source : BI Intelligence)

Chatfuel déjà adopté par Forbes et Techcrunch

Chatfuel permet de créer facilement des bots afin d’engager plus efficacement l’audience d’une marque. La création des bots sur Chatfuel ne requiert ni serveur ni compétences spécifiques en programmation. La simplicité à développer le bot constitue d'ailleurs la proposition de valeur de la start-up. De surcroît, le bot créé sur Chatfuel s’intègre à toutes les applications de messagerie, nul besoin de développer le bot plusieurs fois comme c’est le cas pour une application sur les différents systèmes d’exploitation (iOS, Android).

Chiffre éloquent : un Américain installerait en moyenne 0 application par mois et utiliserait 84% du temps passé sur son téléphone pour naviguer sur 5 applications seulement. De plus, au moins une de ces 5 applications serait une application de messagerie. Une aubaine pour le constructeur de chatbots qui annonce des résultats prometteurs : depuis son lancement en juillet 2015, plus de 130 000 bots ont été créés via la plateforme avec lesquels interagissent environ 1 million d’utilisateurs quotidiens.

Prompt : le Twilio de toutes les applications de messagerie

Prompt s’introduit comme le Twilio des messageries sur mobile. Twilio fournit une API (Application Programming Interface) qui permet aux applications de communiquer automatiquement via SMS avec leurs utilisateurs. Plus concrètement, lorsque la commande d’un taxi Uber ou la réservation d’un restaurant sur OpenTable est confirmée par SMS, c’est grâce à l’API de Twilio que l’utilisateur obtient la confirmation. Prompt rend possible sur toutes les applications de messagerie ce que Twilio propose via SMS et va même plus loin.

Grâce au kit de développement de Prompt, l’entreprise est en mesure de construire son chatbot en 15 minutes et 15 lignes de code ! Elle peut ensuite le déployer en 1 clic sur toutes les applications de messagerie existantes. La plateforme de la jeune pousse fournit tous les outils aux développeurs pour intégrer des fonctionnalités d’authentification, de paiement, ou encore d’analyse de données. « Dans un monde post-applications, Prompt a pour ambition de construire une plateforme universelle de chatbots », décrit Tom Hadfield, CEO de Prompt.

Les bots en phase de remplacer les applications ? (Source : Chatfuel)

Les bots en phase de remplacer les applications ? (Source : Chatfuel)

msg.ai : l’intelligence artificielle au service du commerce conversationnel

Ayant fait ses armes dans les équipes d’IBM Watson et de Google AI, Puneet Mehta, CEO de msg.ai, a créé une intelligence artificielle qui utilise le deep learning pour fournir aux entreprises un service client composé de bots intelligents et autonomes.

L’intelligence artificielle conçue par msg.ai est capable non seulement de répondre aux questions des clients mais aussi de vendre des produits directement aux internautes.

Msg.ai compte déjà parmi ses clients de grandes marques mondialement connues telles que P&G, BMW, Sony etc. Ainsi les questions des clients envoyées auparavant aux concessionnaires de BMW sont aujourd’hui traitées par les bots de msg.ai. Lorsque la situation l’exige, la conversation gérée par l’intelligence artificielle est automatiquement transmise à un être humain. Grâce à sa solution innovante et l’acquisition rapide de grands comptes, la start-up affiche déjà 200 000 dollars de revenu mensuel. Puneet Mehta illustre la performance de son intelligence artificielle avec un exemple parlant : l’utilisation par Sony d’un seul bot de msg.ai a permis de remplacer 70 opérateurs humains au sein du service client de l’entreprise ! Si l’innovation de msg.ai représente une économie conséquente pour les entreprises, elle pose cependant la fameuse question du rôle de l’être humain dans l’entreprise de demain.  

Pitch de Birly à l'occasion du Demo Day de la saison 6 du NUMA Sprint

Birdly, l’outil CRM intégré à Slack

Co-fondée par 3 ingénieurs français, Birdly a le potentiel de faire rêver tout représentant de la génération Y, celle qui chérit tant l’instantanéité. Fini les longues recherches dans Salesforce afin de retrouver le contact d’un client, il vous suffit de demander à un bot sur Slack de dénicher cette information pour vous, de la même manière que vous entrez en conversation avec vos collègues. Pour l’heure, Birdly passe au peigne fin les données issues de 3 software : Salesforce, Stripe et Intercom. Intéressant quand on sait que les entreprises dépensent aujourd’hui des milliards de dollars en software SaaS dont les données sont souvent sillottées. Depuis son entrée au Y Combinator, la start-up - déjà passée par les bancs du NUMA Sprint, saison 6 - a embarqué 900 entreprises et son nombre d’utilisateurs grandit à toute vitesse : plus de 20 % de croissance hebdomadaire. Comme l’explique Quang Hoang, co-fondateur et CEO de Birdly, « Après Slack, nous ciblons les autres plateformes de messagerie telles que Facebook at Work, Gmail et les SMS ».

Par Lucie Jan et Pauline Canteneur