La personnalité d'un employé, ses attentes, influent directement sur les performances de son entreprise en termes d'innovation. Ainsi, si les jeunes sociétés innovent parfois plus, ce serait notamment parce qu'elles intègrent des individus plus désireux de prendre des risques.

Conditions de travail et motivations personnelles influent sur la balance de l'innovation

La prise de risque élevée dans les startups serait le facteur prédominant qui départagerait l'innovation au sein des startups et des entreprises établies depuis longtemps, selon les résultats d'une étude menée par Henry Sauermann menée auprès des employés de départements R&D de 10 000 entreprises, startup comme groupes bien installés. Pour le scientifique de l'Institut Technologique de l'Etat de la Géorgie les caractéristiques d'un emploi, comme la prise de risque, et les motivations personnelles d'un collaborateur influeraient sur la mesure des performances d'innovation de son entreprise ; c'est-à-dire sur le nombre de brevets déposés et de personnes considérées comme à la source d'une invention. Ces résultats corroborent une étude menée par Annika Steiber que L'Atelier indiquait l'an passé. La chercheuse affirmait, entre autres, que la valorisation de la réflexion individuelle à l'intérieur d'une entreprise ne pouvait que favoriser l'émergence de nouvelles idées.

Le rôle majeur de l'emploi dans l'innovation

Bien plus que la recherche d'avantages financiers ou d'une satisfaction personnelle, la volonté de prendre des risques chez les employés influe le plus souvent sur la meilleure performance d'innovation. Néanmoins, même si un plus grand nombre de brevets sont déposés par les chercheurs travaillant à l'intérieur de startups, les motivations personnelles d'un employé jouent activement sur les résultats de son entreprise. La clef du succès d'une startup dans cette mesure provient en fait de son âge : jeune entreprise, elle ne peut généralement pas offrir le confort d'un salaire très élevé ou la sécurité inhérente à l'organisation bureaucratique d'une large entreprise. A l'inverse, les employés qui acceptent de travailler pour une startup recherchent davantage des responsabilités, un challenge intellectuel et une indépendance qui ne sont pas toujours disponibles chez des firmes plus anciennes.

Une méthodologie empirique

Afin de mener son étude, le scientifique s'est appuyé sur un système d'équations, la régression linéaire, qui permet d'obtenir une moyenne en fonction de différentes variables. Pour ce faire, Henry Sauermann a utilisé une base de données constituée en 2003 par la National Science Foundation, qui recouvre 10.750 profils de chercheurs américains dotés d'une Licence, d'une Maîtrise ou d'un Doctorat, employés dans des compagnies industrielles diverses. Le chercheur marque une nette différence entre deux types de critères qui mènent à la performance : les facteurs dits incitatifs, procurés par le statut d'un emploi, et les facteurs plus personnels à un employé, dits motivations. Parmi ces traits, on retrouve tout aussi bien le salaire et la stabilité d'un poste que l'autonomie ou la responsabilité conférée à un employé. D'autres éléments sont déterminants, tels que le challenge intellectuel procuré par un emploi ou la stimulation procurée par l'environnement de travail.

 

Rédigé par Guillaume Parodi
Rédacteur