Initié en 2011 par Facebook, l’Open Compute Project fédère des leaders de l’informatique pour ouvrir et mutualiser la gestion des données sur le cloud.

Les data centers des géants technologiques gérés en Open Source

Traditionnel héraut des logiciels propriétaires et exclusifs, Microsoft vient d’annoncer cette semaine son ralliement au projet open source à l’occasion de l’Open Compute Project Summit, apportant notamment l’appui spécifique de son expertise liée au stockage sur le cloud. Cette stratégie de mobilisation commune d’efforts d’optimisation du cloud ne séduisent pas toutes les forces en présence, Amazon garde jalousement secret les codes supportant ses services de stockage de données. De même Google se refusent à dévoiler la technologie placée au cœur de ses opérations. Cependant l’émergence de cette coalition open source facilitant le partage d’informations entre ces acteurs constitue une étape décisive vers un nouveau paradigme industriel s’inspirant des hackers pour replacer la qualité des services offerts comme principal avantage compétitif.

Favoriser le partage d’informations

Cette initiative menée au départ par une poignée d’acteurs de la Silicon Valley dont Box et IBM avec Facebook en tête vise à offrir une infrastructure de stockage intégrée et de qualité en évacuant les conflits paralysant de propriété et d’exclusivités des codes. L’arrivée de Microsoft donne un nouvel élan de crédibilité à ce projet encourageant le partage d’informations entre les développeurs de serveurs et de logiciels cloud.  Le soutien de Windows Azure, plateforme de stockage cloud réputée pour sa performance est déterminant pour les membres d’OCP.  Microsoft a consenti à collaborer sur deux aspects spécifiques  de la gestion des serveurs(ventilation et consommation énergétique), pouvant apporter des économies financières de plus de 40 % et une réduction de plus de 15% de la fracture énergétique.Ce partage de protocoles et d’APIs fait de Microsoft le premier leader global de cloud à s’aventurer hors de son business model habituel et à expérimenter la gestion Open Source. Le recours à la mutualisation des savoirs porte déjà ses fruits pour ses membres historiques,  Facebook a ainsi annoncé que l’Open Compute Project lui avait permis d’économiser près d’1,2 milliard de dollars d’infrastructures en trois ans.

Un déplacement de l’avantage compétitif

Cette nouvelle stratégie initiée par Facebook correspond également à un changement de paradigme justifié par l’évolution des business models et la sophistication croissante des services offerts par les logiciels cloud. Les dispositifs physiques et en particulier la flotte de serveurs des data centers ne constituent plus un avantage compétitif décisif. Dans un contexte mondial où la réduction des coûts du hardware s’accélère et où la qualité des serveurs utilisés n’est plus si différenciant, les leaders du marché ont grandement intérêt à privilégier une optimisation à grande échelle de leurs centres de données via une organisation commune. Collaborer avec d’autres développeurs de logiciels apporte de nombreux  avantages pour chacun de ses membres, Microsoft par exemple espère ainsi apprendre à mieux calibrer ses offres logiciel pour des serveurs plus génériques et ainsi concourir plus efficacement dans un marché mature. La dynamique insufflée par l’Open Compute Project pourrait bousculer également des acteurs historiques comme Dell ou Hewlett-Packard en favorisant la production de serveurs bon marché et personnalisables.

Rédigé par Thomas Meyer
Fonction - Journaliste, Business Analyste