Les transformations digitales des entreprises ont considérablement bouleversé les relations humaines au sein des organisations. Le dernier rapport du département Recherches Economiques de Glassdoor dresse un tableau des mutations attendues.

La "data science” transformera les RH en science des personnes ?

La digitalisation croissante des entreprises a entraîné bon nombre de bouleversements en termes d’organisation et de management qui amènent in fine à replacer la question des ressources humaines au centre de toutes les préoccupations. En se digitalisant, les entreprises ont par la même intégré de nouveaux process fondés sur l’utilisation des données. Le rapport sur les tendances RH du département Recherches Economiques de Glassdoor montre qu’en vertus des nouveaux outils de captation et d’analyse des données, que ce soit au niveau du fonctionnement de la société ou du recrutement, l’industrie des Ressources Humaines est en plein essor. En s’appuyant sur les data, les RH vont passer du simple reporting au prédictif et même, selon l’étude, vers le prescriptif. Ainsi, les RH seront amenées à se recentrer sur l’utilisation intelligente des données pour à la fois mieux connaître et comprendre les salariés mais aussi mieux répondre aux objectifs fixés par l’entreprise. L’enjeu est de faire émerger une RH spécialiste des smart-data.

L’intérêt de cette restructuration des RH autour de la data réside aussi dans la nécessité de rendre l’entreprise et ses processus de fonctionnement plus transparents. En s’appuyant sur une analyse fine des données internes, les RH peuvent être amenées, dans leurs processus de recrutement comme dans leur gestion des salariés, à passer de l’intuition, qui est faillible et subjective, à la connaissance, plus juste et objective. In fine, selon le rapport, cela permet de réduire les discriminations à l’embauche, réduire les inégalités homme/femme et fonder une véritable politique RH sur le mérite individuel. La transparence que permet la donnée réside dans son objectivité même, elle parle d’elle-même sans autre considération que les faits eux-mêmes. En cela, c’est un outil juste et impartial qui peut guider une prise de décision plus proche des réalités de terrain.

C’est cette dimension qui laisse penser à un recentrage des RH vers une science des personnes fondée sur la data. Pourquoi ? Parce que les données expriment l’activité individuelle des collaborateurs, présents ou futurs. Elles témoignent des activités réelles dans l’entreprise. Pour autant, la donnée simple n’a qu’une valeur informative, elle doit donc être revalorisée par de nouvelles stratégies RH pour la rendre smart. C’est là tout l’enjeu des RH de demain. Rationnaliser et rendre transparentes les sociétés innovantes cela suppose aussi une exemplarité et un contrôle proportionné des usages. Proportionné, car le risque d’une RH recentrée sur la data, est d’en faire un outil d’hyper contrôle des collaborateurs, une usine mathématique des performances et des activités rentables. La data ne doit pas être surexploitée ou utilisée mais doit être prise comme une information nécessaire au bon fonctionnement de l’entreprise, à la bonne organisation du travail social et à l’harmonisation des relations entre les collaborateurs.

Rédigé par Théo Roux
Journaliste