L'été dernier, Deutsche Telekom et France Télécom ont eu des discussions sur la création d'un réseau européen commun, avec pour l'opérateur allemand "en arrière-plan, l'idée d'une fusion". Selon l...

L'été dernier, Deutsche Telekom et France Télécom ont eu des discussions sur la création d'un réseau européen commun, avec pour l'opérateur allemand "en arrière-plan, l'idée d'une fusion". Selon le directeur financier de Deutsche Telekom, Joachim Kröske, ce projet, proche de la signature d'un "mémorandum of understatment", aurait échoué en raison du refus de l'opérateur français. Si Joachim Kröske n'a donné aucune raison à cet échec, France Télécom dément ces informations en expliquant qu'une fusion totale n'avait jamais été envisagée. Toutefois, en précisant qu'une "fusion avec France Télécom aurait été impossible, en raison de la loi française, qui prévoit que l'Etat détienne plus de 50 % du capital du groupe", Ron Sommer, le président du directoire du groupe allemand, ajoute que le choix de Telecom Italia pour fusionner "n'est pas un deuxième choix : nous sommes très complémentaires. Nous nous renforçons l'un l'autre là où nous sommes faibles". Alors que Deutsche Telekom et France Télécom étaient en partenariat étroit depuis dix ans, Ron Sommer juge par ailleurs "extraordinairement dommage" la façon "émotionnelle" dont Michel Bon a réagi à l'annonce du rapprochement germano-italien. Indiquant qu'il allait tout faire pour retrouver un certain "professionnalisme" dans les rapports avec ses partenaires français, il a reconnu "c'est certain que cela pèse lourdement sur notre relation" et ajouté "nous sommes dans Global One et nous voulons y rester. Deutsche Telekom et Telecom Italia peuvent y apporter beaucoup plus ensemble que Deutsche Telekom tout seul. Si cela pose des problèmes à France Télécom, il faudra en parler". Sans toutefois donner de chiffres précis sur les bénéfices à attendre de son projet de fusion, Ron Sommer a souligné "aux Etats-Unis, quatre méga-opérateurs ont été créés ces derniers temps. Je ne veux pas devenir une de leurs filiales. Avec la fusion entre Deutsche Telekom et Telecom Italia, nous allons créer en Europe le seul opérateur capable de rivaliser avec eux. Les alliances ne sont pas suffisantes". (Les Echos - Libération - 6/05/1999)