La plus grande fusion de l'histoire des télécommunications européennes, préparée dans le plus grand secret depuis quelques semaines entre l'allemand Deutsche Telekom et l'italien Telecom Italia, e...

La plus grande fusion de l'histoire des télécommunications européennes, préparée dans le plus grand secret depuis quelques semaines entre l'allemand Deutsche Telekom et l'italien Telecom Italia, est aujourd'hui l'objet d'un bras de fer entre Franco Bernabé et le gouvernement italien. Alors que les pouvoirs publics décidaient d'une réunion interministérielle demain sur les conditions d'utilisation de leur "golden share", l'annonce officielle de cette fusion, qui devait intervenir aujourd'hui, a été reportée in extremis. Les conditions de l'Italie à une éventuelle OPE ont été fixées hier par le Premier ministre italien, Massimo d'Alema. Sans écarter que son gouvernement puisse utiliser son droit de veto "la golden share s'utilise sans s'annoncer", le président du Conseil italien a indiqué "nous ne pouvons imaginer qu'une société privatisée, Telecom Italia, puisse se fondre avec une société qui a pour actionnaire de référence l'Etat allemand". Le gouvernement italien demande surtout qu'un éventuel accord entre les deux société ait "un caractère paritaire". Le Premier ministre italien s'est déclaré "intéressé" par la constitution d'une nouvelle société entre Telecom Italia et Deutsche Telekom, tout en souhaitant au préalable une privatisation de Deutsche Telekom. Le directeur général d'Olivetti, Roberto Colaninno, a hier "reconfirmé son intention de poursuivre son OPA sur Telecom italia selon les termes déjà annoncés". Selon le calendrier fixé par la Consob, cette OPA doit être lancée à partir du 30 avril prochain. Face aux hypothèses d'alliance avec Deutsche Telekom, Roberto Colaninno poursuit "Olivetti n'est pas en mesure, dans l'état actuel, d'exprimer un quelconque jugement de fond", mais "est d'accord" avec les "conditions irrévocables" fixées par le gouvernement italien (parité et privatisation de Deutsche Telekom). Sans prendre en compte la filiale de téléphonie mobile de l'italien, TIM, le rapprochement des deux opérateurs dépasserait les 166 milliards d'euros (1 088 milliards de F). Cet éventuel mariage n'a pas provoqué d'enthousiasme en Bourse. Le cours de Deutsche Telekom a perdu hier 0,05 % à 37,86 euros, tandis que Telecom Italia et TIM ont vu leur cotation suspendue à Milan. (Les Echos - La Tribune - Le Figaro - Libération - 20/04/1999)