Cloud, mobilité et réseaux sociaux ont autant complexifié les systèmes et processus informatiques qu’ils n’ont suscités d’attentes chez les clients. Le DevOps pourrait être la solution aux casse-têtes des DSI.

Le DevOps, une méthode à adopter dans le déploiement des TIC en entreprise?

Alors que la tendance des budgets IT est à la baisse, les DSI doivent faire face à un accroissement des demandes dans un contexte de complexité accrue des systèmes d’information. Il existe donc aujourd’hui un véritable défi dans la production et la gestion des applications. La démarche DevOps consistant à combiner ce qui était autrefois des processus distincts et séquentiels de production et à axer les développements dans un processus continu basé sur la compréhension du marché, semble constituer aujourd’hui un nouveau paradigme. C’est en effet ce qui ressort de l’étude « What Smart Businesses Know About DevOps ? » publiée par CA Technologies et Vanson Bourne. “Globalement, la méthode permet d’améliorer la communication, l’intégration et la collaboration entre les équipes de production et de développement”, explique Bastien Martins da Torre, Cloud Automation Team Leader chez CA Technologies.

Des moteurs d’adoption prégnants

Les responsables informatiques reconnaissent effectivement qu'ils doivent changer la façon dont leurs organisations travaillent, accélérer les délais de commercialisation, améliorer la qualité et le développement des applications et répondre à la demande croissante de la clientèle. Ce sont là les principales promesses de la démarche DevOps. L'automatisation IT (52%) et l’agile développement (47%) constituent les must have du DevOps. Ainsi FNAC.com a adopté cette démarche pour “réduire les délais et défaillances potentielles de mises à jour quotidiennes pouvant impacter le transactionnel”. En France, 75% des entreprises considèrent la mise en œuvre d’une stratégie de ce type prioritaire contre 99% aux Etats-Unis, 88% au Royaume-Uni et 71% en Allemagne. Dans des environnements virtualisés et basés sur le cloud, l’organisation en silos s’avère handicapante. La démarche doit donc favoriser la transversalité. Si plus de la moitié (53%) des organisations prévoit d’embaucher de nouveaux employés possédant les compétences nécessaires à l’adoption du DevOps, ce ne sont pas des compétences techniques telles que la programmation qui seront recherchées mais plutôt des compétences en termes de stratégies d'affaires ou de communication.

Des mesures tournées vers l’externe et un nouveau processus en interne

Par ailleurs, si les entreprises cherchent à réduire le temps de mise sur le marché, à réduire le potentiel de défaillances (illustré à travers la récente erreur des chiffres du chômage), à éliminer les travaux en doublons, “c’est également pour retrouver une certaine agilité dont dispose les pure players notamment” explique Bastien Martins da Torre. La nécessité de simplifier les interconnexions s’entend donc autant dans l’organisation que dans la sauvegarde de sa part de marché, les cycles économiques étant désormais beaucoup plus courts. Si les décideurs de l’IT sont divisés sur les éléments de mesure de la méthodologie en interne, près de 50% des personnes interrogées s'attendent à utiliser des mesures commerciales extérieures comme l’évolution des revenus, la réduction des délais de mise sur le marché où encore l'acquisition de nouveaux clients. Coté interne, c’est la nomination d’un executive-level DevOps evangelist qui est envisagée.  Il apparaît également nécessaire de dresser une listes des compétences à posséder autant que de rationaliser les processus d’entrée des applications au système à travers le développement, les tests et les opérations. Enfin, si les budgets à accorder aux technologies et compétences doivent être suffisants, identifier les applications posant problème est un pré requis afin de greffer la démarche DevOps à la résolution de ces processus « fauteurs de trouble ».

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste