Pour perfectionner les dispositifs qui permettent de sécuriser les données traitées dans le cadre de services gouvernementaux en ligne, les méthodes de calculs doivent intégrer le concept de logique floue.

E-Gouvernement : les systèmes d'aide à la décision ont besoin de souplesse

Renforcer la sécurité des informations traitées dans le cadre d’un service public en ligne est une priorité, afin que les parties prenantes aient confiance en ces solutions. Cela notamment au niveau des systèmes d'aide à la décision, utilisés dans ce secteur par les responsables publics. Mais pour cela, plutôt que des systèmes figés, il vaut mieux rendre les dispositifs d’évaluation des risques plus souples, en prenant en compte le caractère évolutif des décisions humaines, affirme dans une étude* une équipe de chercheurs de l’université nationale de Séoul et de l’école Polytechnique d’Ujung Pandang, en Indonésie. Les scientifiques proposent ainsi de modifier les infrastructures informatiques d’aide à la décision, en y ajoutant une méthode de calculs qui accorde une place au hasard : baptisée de "logique floue" (fuzzy logic). Celle-ci devant être ajoutée aux systèmes actuels utilisés, et qui évaluent les risques en fonction d'une base dite à "multicritères" (MCDM, pour "multi criteria décision making").

Des processus d’évaluation des risques

Ce, pour assurer la fiabilité des options retenues dans différents domaines : managérial, technique, économique, ou encore culturel. En effet, selon les chercheurs, la sécurité implique aujourd’hui une approche globale : de la solidité du réseau ou des applications en ligne, qui passe par des décisions techniques, jusqu’aux estimations des coûts financiers que représentent une attaque visant l’infrastructure ou son immunisation, en passant par les décisions relatives à la formation d’un personnel aux risques éventuels, etc. Chacun de ces champs d’application doit être intégré dans le système d’évaluation des risques MCDM, selon les scientifiques. Ces derniers précisent que l’ensemble de ces décisions visent trois principaux objectifs : la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données.

Les responsables soumis à une série de questionnaires

Face à cette complexité, les systèmes d'aide à la décision nécessitent selon les chercheurs une certaine souplesse, que permet la logique floue. Concrètement, ces dispositifs soumettent les responsables à une série de questionnaires, tout au long du processus. Ceux-ci doivent attribuer à chacun des critères une certaine importance, les uns par rapport aux autres. Toutes les réponses étant ensuite converties en données mathématiques, auxquelles sont ajoutés les algorithmes "flous", pour générer divers scenarii les plus vraisemblables possibles : une simulation pessimiste, une optimiste et une neutre, par exemple. Qui aident ensuite à élaborer de nouvelles stratégies, en privilégiant un critère économique à un critère managérial, pour un champ d’application en particulier.

* A new fuzzy MCDM Framework to evaluate e-governement security strategy.