Alors que le marché du m-commerce évolue rapidement outre-Rhin, des efforts restent à fournir pour contenter des clients, adeptes du catalogue et du scan.

"En Allemagne, avoir un magasin optimisé pour le mobile sera nécessaire"

Entretien avec Andrea Anderheggen, co-fondateur et président de ShopGate, qui propose la création de sites de vente en ligne pour mobile et l'application ShopGate App, qui réunit tous les magasins partenaires sur une seule plate-forme. Cette dernière permet à l'utilisateur de scanner un code-barre ou un code 2D et d'acheter le produit en ligne, sur le site qui le propose au prix le plus avantageux.

L'Atelier : Comment se porte le marché du m-commerce en Allemagne ?

Andreas Anderheggen : Le pays progresse assez rapidement dans ce secteur mais nous avons beaucoup de retard sur des marchés plus matures comme aux Etats-Unis ou encore en Grande Bretagne. Cela est surtout dû à la frilosité des commerçants qui n'ont pas encore saisi l'importance que prendrait le secteur du mobile dans leurs chiffres d'affaires. A l'heure actuelle, entre 5 % et 10 % des internautes se rendent sur les sites de vente sur mobile dans le pays. Ce n'est pas très élevé de prime abord mais avec la pénétration des smartphones, le nombre de visiteurs double tous les ans. Les marques et les enseignes doivent s'apercevoir que le commerce est en train d'évoluer rapidement, et que bientôt, avoir un magasin en ligne optimisé pour le mobile sera nécessaire.

Quelles sont du coup pour le moment les fonctions les plus prisées par les internautes mobiles allemands ?

Les Allemands apprécient les nouveautés mais aiment bien s'appuyer sur des éléments qu'ils connaissent et maîtrisent depuis longtemps, notamment le catalogue, qui reste très populaire chez nous. La capacité de pouvoir scanner directement les photos des produits est donc plutôt appréciée. Ce système peut être étendu aussi dans le domaine de la publicité physique (prospectus, affiches, packaging, courriers...). L'internaute veut amener tous ces éléments de marketing du monde réel au virtuel sans avoir besoin de rentrer chez lui ou d'aller directement dans la boutique. Toutes ces opportunités autour du scan sont également très avantageuses pour les marques puisqu'elles peuvent directement voir de quel support se sont servis les gens pour accéder à leur site et donc les campagnes publicitaires qui marchent le mieux.

Quels sont, selon vous, les éléments à améliorer pour développer le m-commerce pour les entreprises allemandes ?

Outre une implication plus forte des commerçants comme je l'ai déjà évoqué, il y a toujours des efforts à faire, dans le processus d'achat par exemple. Celui-ci doit être le plus rapide et le plus sûr possible, d'une part pour favoriser l'adoption de cette pratique mobile et d'autre part pour éviter que le client abandonne en cours de route. Il faut également développer encore plus le couponing mais là encore, la balle est dans le camp des magasins. S'ils ne proposent pas d'offres régulières dans ce domaine pour attirer les consommateurs, on aura beau mettre tous les outils à leur disposition, cela ne servira à rien. L'avantage, c'est que le marché allemand est très porteur de par sa taille et l'implication de nombreuses sociétés à l'international. Nous espérons donc pouvoir rattraper rapidement la qualité et la quantité de services disponibles dans d'autres pays.