La mise en place de techniques de contrôle informatique dans des restaurants américains a donné lieu à une réduction drastique des vols, au profit d'une augmentation de productivité.

En entreprise, surveiller plutôt que sévir entraînerait un net gain de productivité
"Le vol et la fraude par des employés sont des problèmes répandus dans les entreprises, avec des employés volant approximativement 200 milliards de dollars par an aux entreprises américaines afin de compléter leurs revenus." C'est ainsi que s'ouvre le rapport publié par des universitaires américains du Washington College et du MIT. Ces pertes sont-elles inaltérables? Non, c'est le parti pris du rapport qui entend montrer qu'une surveillance informatique doit permettre de transformer une partie de ces vols en augmentation de productivité auprès des employés, simplement en inversant la balance des motivations.
 

Des rendements supérieurs

 
L'étude porte sur 5 chaînes de restauration ayant choisi d'intégrer dans leur système de surveillance classique un outil, le NCR Restaurant Guard, directement concentré sur les vols commis par des employés. Grâce à un algorithme particulier, cet outil permet de repérer les erreurs volontaires au fur et à mesure de leur répétition. Les résultats sont impressionnants puisqu'au bout de quelques semaines on observe une réduction nette des vols et autres fraudes. La crainte d'être repéré pousse ainsi plutôt à une amélioration du service proposé au client. Si cette dynamique semble fortement attachée au fait que les serveurs puissent remplacer leurs revenus complémentaires illicites par des pourboires, les gains de salaires sont conséquents. Sur la base salaire horaire minimum fédéral, on observe un gain de 13 à plus de 37% dès quelques semaines. Cette augmentation salariale pour les employés secouple avec une augmentation générale de 7% du revenu total des entreprises analysées. Surla vente des boissons, principale source de bénéfices dans la restauration, le surplus dépasse les 10% d'augmentation. 
 

Changer les habitudes

 
Au delà de l'exemple de la restauration basée sur le système compensatoire du pourboire, cette étude semble clairement montrer un découplage du vol en entreprise d'avec la notion purement éthique, du moins dans le cas de vols de dimensions réduites. Il s'agit bien ici d'une inversion des motivations. En changeant les habitudes, elle permet aux serveurs d'offrir unmeilleur service, augmentant aussi bien leur revenu marginal que les bénéfices de l'employeur. L'intérêt du contrôle informatique ciblé sur le vol est ici soulevé. Si ceux-ci sont omniprésents dans le fonctionnement de l'entreprise, le secteur de prévention des vols apparaît relativement à la traîne. Dépasser la crainte du Big Brother pourrait autoriser une amélioration de l'environnement de travail et d'un gain de productivité, c'est du moins ce que semblent avancer les auteurs de cette étude.
Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste