Fonds propres et subventions aideraient les entreprises américaines à maintenir un investissement massif et salvateur en R&D.

Les entreprises américaines se tournent vers un investissement plus intensif en R&D

Les entreprises américaines ont maintenus leurs efforts en termes de R&D, les investissements passant de 279 à 294 milliards de dollars entre 2010 et 2011 selon une étude publiée par la National Science Foundation. Et pour cause, Les entreprises américaines finançant ou exécutant beaucoup de  R & D ont déclaré des ventes nettes domestiques de 9 milliards de dollars en 2011 selon le BRDIS. Ce montant est significatif mais également nécessaire du point de vue des dépenses employées. Et si le gouvernement fédéral américain est la principale source de financement extérieur (sur 55 milliards d’aides extérieures, 31 ont été apportés par l’Etat dont 26 par le ministère de la défense) une large part des financements provient des entreprises elles-mêmes.

Des financements publics et en fonds propres responsables de millions d’emplois

En effet, 81% des investissements ont été apportés en fonds propres. De manière plus précise, si l’intensité en R&D (rapport entre la performance en R&D et les ventes domestiques) est en moyenne de 3,2% pour les industries manufacturières et de 3,9% pour les non manufacturières, elle monte à 11,8% dans le domaine pharmaceutique, 11,3% dans l’aérospatial et à 9,9% dans l’électronique grand public. Le rapport explose même pour les entreprises d’édition de logiciels (24,4%). Si l’intensité en R&D est tant importante, c’est également car l’emploi est à la clé. En effet, les entreprises présentant un ration en R&D intensif emploient 19,3 millions de personnes aux Etats-Unis. Environ 1,5 millions sont même des emplois directs de recherche et développement. De plus, dans une optique Schumpéterienne, si l’innovation et le numérique sont jugés destructeurs d’emplois, ils sont également porteurs d’espérances en termes de grappes d’innovation. L’investissement en R&D convient donc à la fois aux entreprises voulant bénéficier de nouveaux débouchés et à l’Etat dans l’espoir de créer de nouveaux emplois associés à ces grappes.  

Des petites entreprises plus entreprenantes en R&D

Par ailleurs, les petites entreprises américaines (l’équivalent de nos PME) sont liées à 19% de l’activité en R&D. Dans ces entreprises, l’intensité en R&D est de 5%, au dessus de la moyenne nationale de 3%. Elles emploient de manière proportionnelle 19% des postes de R&D. Les entreprises de taille moyenne (à l’échelle américaine) et les grands groupes ne totalisent qu’une intensité de 3% chacun. Cependant, si les grands groupes emploient une proportion non négligeable des postes en R&D, il existe une défaillance de ces postes dans les entreprises de taille moyenne. L’enjeu est d’importance car ces entreprises représentent 50% du PIB du pays. Un meilleur investissement dans ces entreprises pourrait donc être une solution à l’emploi.

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste