Les applications pour smartphones ou tablettes sont de plus en plus développés ailleurs qu’aux États-Unis, même si ces derniers restent prépondérants dans le domaine.

De plus en plus représentée par les applications, l’industrie du logiciel aux États-Unis connaît une concurrence particulièrement forte. Ainsi, une étude de Flurry, fournisseur de logiciel, dévoile qu’au premier semestre de l’année 2012, 45% des applications avaient été créées aux États-Unis contre  seulement 36% sur les six premiers mois de cette année. Toutefois, le pays reste dominant quand il s’agit de comparer les applications qui ont du succès. Ainsi, en considérant le temps passé sur chaque application, les Etats-Unis représentent 70% du marché en 2013, mais là aussi une baisse de 6% est à noter par rapport à l‘année passée.

La Chine utilise surtout ses propres applications

Simon Khalaf, CEO de Flurry, donne plusieurs raisons pour expliquer ce succès des applications américaines. Il cite le fait que le pays est pionner en la matière et dispose d’un large marché domestique. De plus, le nombre élevé d’anglophones permet d’exporter les applications sans avoir besoin de les modifier. La part d’application nationale utilisée est ailleurs faible en général. Elle est de 13% au Royaume-Uni et de 8% au Brésil. En revanche, la Chine utilise à 64% des applications créées nationalement. Pour s’y implanter, il faut que l’application soit traduite et culturellement appropriée. Cet effort n’est pas toujours fourni par les applications américaines (16% du marché en Chine), qui avaient l’opportunité de se développer dans des pays où ces tâches n’étaient pas nécessaires. Mais avec la croissance du marché chinois en ce qui concerne les smartphones et tablettes, les développeurs vont certainement revoir leur stratégie.

Les marchés plus étroits se concentrent sur l’internationalisation

Les développeurs de pays aux langues moins parlées n’ont d’autres choix que de viser l’internationalisation, sous peine de ne pouvoir toucher qu’un faible nombre de consommateurs. Cette internationalisation est plus aisée lorsqu’il s’agit d’applications fonctionnelles type boussole et lampe torche, ou facilement traductibles, comme les applications météorologiques. Lorsqu’on regarde le ratio du temps passé sur les applications d’un pays par rapport à la proportion d’applications créées par ce pays, on s’aperçoit du rôle majeur de certains. C’est le cas de la Finlande avec un ratio super à 8, sans doute tiré par le succès de son application Angry Birds. Mais ce rapport est exceptionnel, car les autres pays qui s’en sortent bien, le Danemark, l’Irlande et la Chine ont aussi des ratios supérieurs à 1 mais inférieurs à celui des Etats-Unis, qui est de 1,9. Ce dernier coefficient prouve le fort impact des applications américaines sur le marché, qui ont donc près de deux fois plus de succès que la moyenne mondiale.

Rédigé par Timothée Sicot
Chargé de veille